dimanche, août 31, 2025
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Justice Réparatrice et Féminisme : vers une approche plus inclusive

La reconnaissance des violences notamment de genre, la restauration de la dignité et la transformation des systèmes qui perpétuent la marginalisation ; ces approches féministes de la justice réparatrice ont fait débat la deuxième journée de l’AfCoDD V à Accra le jeudi 28 Août 2025. A travers une série de session, la justice réparatrice a été analysée sous un angle féministe afin d’inviter les décideurs politiques et les militants à aller au-delà des conceptions étroites des réparations en tant que compensation matérielle pour les préjudices passés.

Au-delà des réparations financières, les principes féministes sur la justice réparatrice en Afrique mettent l’accent sur l’inclusion de la voix des femmes et des filles qui portent un plus lourd fardeau de la crise de la dette. Les conférenciers ont ainsi échangé sur comment les régimes de dettes impactent la gente féminine, exacerbent les inégalités, bafouent les droits humains et ont un impact disproportionné sur les femmes et les filles.

Mworozi Patricia, Associée pour la justice économique et l’action climatique a expliqué comment des milliers de femmes soufrent des difficultés d’accès aux services de bases tels que : l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable etc. Selon elle, la situation critique de la dette enfonce davantage les pays en développement et toutes les nations doivent s’unir pour l’annulation de la dette.

Partant d’exemples concrets de son pays le Malawi, Tusaylwe Sikwese de ActionAid indique que les pays africains souffrent d’un manque criard de ressource pour financer les services de base. « Les femmes sont les plus grandes victimes de part un accès limité à la terre, au financement, à l’éducation, et aux services de santé, souvent en raison du manque de financement », a-t-elle souligné.

Nombuso Mathibela, éducateur politique culturel a, de son côté souligné la manière dont les crises de la dette se croisent avec le travail de soins non rémunéré, les écarts salariaux entre les sexes et les héritages culturels d’exploitation. « … la dette extérieure privilégie les élites tout en réduisant la capacité des gouvernements à investir dans la protection sociale. Cela se traduit par des fardeaux plus lourds pour les femmes et les filles, qui en supportent les conséquences sur leur vie mentale, spirituelle et sociale », a-t-elle indiqué. Nombuso Mathibela a également plaidé en faveur d’une pratique radicale de réparation qui interroge les structures de pouvoir, privilégie les soins et réimagine les politiques comme des outils de libération humaine.

Ces différentes interventions ont exploré le rôle des États africains, des mouvements régionaux et des alliés mondiaux dans l’élaboration d’un programme de justice réparatrice qui revendique le droit de l’Afrique à un développement autodéterminé.

Il en ressort que la crise de la dette est bel et bien synonyme de précarisation financière, physique et psychologique des femmes. Le processus émancipatoire implique sans équivoque qu’une véritable lutte contre le système actuel de la dette, de concert avec le patriarcat, asservit les femmes et les empêche de jouir de leurs droits les plus fondamentaux. Cependant, des stratégies de campagne régionales s’imposent pour intégrer l’égalité des sexes dans les cadres de la dette souveraine et résister aux réformes fiscales néfastes.

Félicienne HOUESSOU

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