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Sénégal : 24,9 milliards $ nécessaires pour réduire les émissions de GES de 48,5 %

Le Sénégal chiffre à 24,9 milliards de dollars les investissements nécessaires pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 48,5 % à l’horizon 2035. Présentant cette ambition lundi à Dakar, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf, a souligné la dépendance du pays aux financements extérieurs pour atteindre ses objectifs climatiques.

« Avec un soutien international approprié, le Sénégal pourrait réduire ses émissions de GES de 31,6 % en 2030 et de 48,5 % en 2035 », a-t-il déclaré lors d’une réunion consacrée à la validation politique de la troisième contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), qui fixe les engagements climatiques du pays pour la prochaine décennie. Sans cet appui financier, les réductions se limiteraient à 13,3 % en 2030 et à 19,4 % en 2035.

Cette réunion, réunissant des représentants de plusieurs ministères, des collectivités territoriales, des organisations non gouvernementales, du secteur privé et des institutions publiques, constitue une étape préalable à la transmission officielle de la CDN 3.0 au secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Le ministre a appelé les secteurs et institutions concernés à franchir l’étape décisive de l’approbation du document final.

Les financements extérieurs au cœur du dispositif

Sur les 24,9 milliards de dollars requis, 16,9 milliards devraient provenir des partenaires financiers de l’État. Aliou Gori Diouf a relevé que les financements climatiques reposaient jusqu’ici principalement sur les ressources publiques, désormais plus limitées face à la complexification des besoins.

Pour diversifier les sources de financement, le Sénégal entend mobiliser la coopération internationale, les capitaux privés et les fonds fiduciaires. Le pays sollicite également le Partenariat pour une transition énergétique juste, qui réunit plusieurs partenaires financiers et envisage d’investir 2,75 milliards de dollars au Sénégal.

Les investissements ciblent notamment les énergies renouvelables, la restauration des mangroves, le reboisement, la régénération naturelle assistée et la promotion de la riziculture intensive. La réduction de l’empreinte carbone de l’industrie du ciment et l’amélioration de la gestion des déchets figurent également parmi les initiatives prévues. Les transports peu polluants, notamment le Bus Rapid Transit et le Train express régional, participent aussi à cet effort.

Atténuation et adaptation, deux axes complémentaires

Le ministre a rappelé que la CDN 3.0 repose sur deux volets complémentaires : l’atténuation des émissions et l’adaptation aux effets du changement climatique. Ces derniers affectent notamment la santé, l’agriculture, l’élevage, les populations riveraines des zones côtières et les infrastructures.

Le document intègre ainsi la gestion des ressources en eau, la prévention des inondations et la protection du littoral. Aliou Gori Diouf a assuré que des mesures d’adaptation contextualisées seraient mises en œuvre pour renforcer la résilience du Sénégal face aux changements climatiques.

Nadia SARR

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