Le Centre national d’investigations numériques (CNIN) a levé le voile, mercredi 7 janvier, sur le bilan de la lutte contre la cybercriminalité au Bénin. Présenté par son directeur général, Ouanilo Medegan Fagla, ce rapport met en évidence une nette progression des signalements, signe d’une confiance accrue des citoyens envers les mécanismes de répression.
En 2025, le CNIN a enregistré plus de 6 500 plaintes liées à des faits de cybercriminalité, contre environ 4 000 en 2024, soit une hausse de plus de 60 %. Cette augmentation ne reflète toutefois pas nécessairement une flambée des infractions. « Les citoyens savent désormais qu’une plainte peut aboutir », a expliqué le directeur général du CNIN, soulignant une libération progressive de la parole des victimes.
Dans le même temps, près de 1 500 personnes soupçonnées d’activités illicites en ligne ont été interpellées au cours de l’année. Selon Ouanilo Medegan Fagla, une seule plainte peut conduire à l’arrestation de plusieurs individus, preuve de l’efficacité du dispositif mis en place. « Une plainte peut permettre de démanteler deux, trois, voire quatre auteurs ou complices », a-t-il précisé.
Cette efficacité repose sur une stratégie dite de « démantèlement en cascade ». Les cybercriminels, souvent organisés en petites cellules, laissent des traces numériques exploitables par les enquêteurs. À partir d’une plainte pour extorsion, arnaque sentimentale ou fraude bancaire, le CNIN remonte l’ensemble de la chaîne : exécutants, collecteurs de fonds, logisticiens et têtes pensantes des réseaux.
Le profil des personnes interpellées révèle une prédominance de jeunes hommes, attirés par le gain rapide et la banalisation de l’escroquerie en ligne, communément appelée le phénomène des « gaymen ». Face à cette réalité, le CNIN annonce la publication prochaine d’un rapport détaillé sur les modes opératoires et le profil des victimes, afin de renforcer les actions de prévention.
Créé pour moderniser la lutte contre la délinquance numérique, le CNIN s’impose désormais comme un acteur central de la cybersécurité au Bénin. Entre arnaques aux sentiments et fraudes financières de plus en plus sophistiquées, le centre fait face à une criminalité numérique en constante mutation, à laquelle il entend opposer une réponse toujours plus structurée et efficace.



