L’actualité sanitaire en Afrique reste contrastée. D’un côté, le continent se rapproche progressivement d’une sortie de l’urgence liée au mpox. De l’autre, plusieurs menaces persistent. Grippe saisonnière, choléra, diphtérie ou encore fièvre de la vallée du Rift continuent de peser sur des systèmes de santé déjà fragiles. Parallèlement, des réformes structurelles émergent pour améliorer le financement de la santé et sécuriser l’accès aux médicaments essentiels.
Ce mois-ci, les pays africains ont adopté une stratégie régionale sur dix ans dédiés aux médicaments essentiels. Présentée à Johannesburg, cette feuille de route vise à transformer durablement l’accès aux traitements. L’objectif est clair : réduire la dépendance aux importations et à l’aide extérieure, alors que seuls 35 % des médicaments essentiels sont actuellement disponibles dans les établissements publics.
Selon l’OMS Afrique, cette stratégie repose sur trois piliers. D’abord, le développement de la production locale. Ensuite, la mutualisation des achats. Enfin, la mise en place de chaînes d’approvisionnement régionales plus résilientes. Le plan s’inscrit dans le cadre de la ZLECAf et du mandat de l’Agence africaine du médicament.
Face à des dépenses directes pouvant atteindre jusqu’à 90 % des coûts de santé dans certains pays, les promoteurs du projet plaident pour des financements innovants. Ils appellent également à une mobilisation accrue des ressources nationales afin de garantir, à long terme, l’accès aux soins pour les populations.
Sur le plan épidémiologique, l’Afrique pourrait prochainement rétrograder le mpox de son statut d’urgence sanitaire continentale. Selon Africa CDC, sept pays ont déjà atteint la phase de « fin d’épidémie ». La Sierra Leone, quant à elle, s’apprête à entrer en phase de contrôle après plus de 42 jours sans cas confirmé.
L’agence sanitaire de l’Union africaine applique des critères stricts, notamment l’absence de transmission soutenue et la capacité à détecter rapidement de nouveaux cas. Malgré les mouvements transfrontaliers, en particulier entre la RDC et le Burundi, les autorités estiment que les risques demeurent maîtrisables grâce à une surveillance renforcée. Africa CDC insiste toutefois sur la nécessité de renforcer la coopération régionale et les accords bilatéraux.
La grippe saisonnière, en revanche, progresse dans la Région africaine. Selon l’OMS, les détections ont augmenté dès octobre. En Afrique de l’Ouest, la hausse a débuté en septembre, avec une prédominance du virus A(H3N2). Dans les régions centrale et orientale, tous les sous-types continuent de circuler. En Afrique du Sud, l’activité a culminé en mai 2025 avant une légère reprise récente, à un niveau encore faible.
Au niveau mondial, la grippe progresse depuis octobre 2025, portée par un sous-groupe de A(H3N2) détecté dans plus de 34 pays. À ce stade, l’OMS ne signale pas d’augmentation de la gravité. Toutefois, la surveillance et la préparation des services de santé restent essentielles, la grippe se superposant souvent à d’autres infections respiratoires. L’organisation rappelle que la vaccination demeure un levier central, notamment pour les soignants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les patients chroniques.
Sur le terrain, les crises demeurent sévères. En République démocratique du Congo, le pays traverse sa pire épidémie de choléra depuis 25 ans. Plus de 64 000 cas et près de 1900 décès ont été enregistrés depuis janvier, dont 340 enfants. L’accès limité à l’eau potable, aggravé par les inondations et les conflits armés, favorise la propagation de la maladie.
En Mauritanie, la fièvre de la vallée du Rift connaît une diffusion étendue. En 2025, 286 cas humains ont été recensés, dont 15 décès, tandis que la maladie touche presque tout le territoire. Transmise par les moustiques ou le bétail infecté, cette zoonose affecte à la fois la santé humaine et l’économie pastorale.
En Somalie, la diphtérie progresse également. Plus de 3200 cas ont été signalés depuis janvier, majoritairement chez les jeunes enfants. Les autorités sanitaires ont annoncé le lancement imminent d’une campagne de vaccination ciblée afin de freiner la transmission.
Enfin, au Libéria, le ministère de la Santé a achevé un exercice national de cartographie des ressources sanitaires. Menée avec l’appui de partenaires internationaux, l’initiative vise à mieux orienter les décisions budgétaires pour 2026, renforcer la transparence et attirer de nouveaux investissements dans un système fortement dépendant de l’aide extérieure.
Dossou AFFAMA
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