mardi, mai 19, 2026
AccueilSecteursSantéGuinée : la société civile réclame la souveraineté sanitaire

Guinée : la société civile réclame la souveraineté sanitaire

En Guinée, la gestion des financements destinés à la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme suscite une vive contestation. Dans un mémorandum publié le 16 avril 2026, le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne appelle les autorités à franchir un cap décisif vers une gestion souveraine des ressources issues du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Regroupant des organisations engagées dans la riposte aux trois pandémies, le CNOSCG exprime son « indignation » face aux récentes décisions relatives à la gestion des subventions. Selon l’organisation, les conclusions de l’Assemblée générale de l’Instance de coordination nationale, tenue le 9 avril 2026, marquent un recul dans le processus d’appropriation nationale des programmes de santé.

Depuis les premières subventions du Fonds mondial, la Guinée s’était pourtant engagée dans une dynamique progressive de renforcement de ses capacités internes, notamment à travers l’Unité d’appui à la gestion et à la coordination des programmes et les organisations de la société civile. Mais pour le CNOSCG, les choix récents compromettent cette trajectoire.

Au cœur des critiques : la reconduction jugée « tacite et opaque » de deux ONG internationales en tant que principaux récipiendaires des fonds. Une décision qui, selon la société civile, soulève des inquiétudes sur la transparence et le respect des principes de bonne gouvernance.

Le mémorandum pointe également le non-respect de plusieurs engagements par ces acteurs, notamment en matière de transfert de compétences, de mise en œuvre des programmes et de promotion du leadership local. Pour le CNOSCG, cette situation entretient une dépendance injustifiée vis-à-vis de partenaires extérieurs, alors même que des structures nationales compétentes existent.

Au-delà des critiques, la société civile formule des recommandations claires : confier davantage la gestion des subventions à la partie nationale, respecter les principes de localisation de l’aide et garantir un arbitrage transparent dans l’attribution des financements.

L’organisation appelle également le Fonds mondial à accélérer le transfert de responsabilités vers les acteurs locaux, condition jugée essentielle pour renforcer l’efficacité des programmes et répondre durablement aux enjeux sanitaires du pays.

En réaffirmant sa disponibilité au dialogue, le CNOSCG entend peser dans les décisions à venir, au nom des populations bénéficiaires et d’une souveraineté sanitaire encore en construction.

Nadia SAR

Avez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments