Les locaux du Centre Culturel Chinois (Ccc) au Bénin ont abrité, ce jeudi 25 juin 2026, le salon culturel international intitulé “Thé pour l’harmonie : Salon Culturel”. Co-organisé par l’Ambassade de Chine au Bénin, le Ccc et l’Institut Confucius de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), cet événement à forte charge symbolique a réuni diplomates, universitaires et passionnés autour d’un rituel millénaire destiné à fortifier le dialogue inter civilisationnel et célébrer l’amitié sino-béninoise.
Dans une salle parée d’écrans géants et de bannières calligraphiées portant l’inscription “Conversation et Connexion”, la soirée a débuté par une série de plaidoyers en faveur de la coexistence pacifique. Zhang Wei, Ambassadeur de la République populaire de Chine au Bénin, a rappelé la place centrale qu’occupe l’apprentissage mutuel dans l’apaisement des relations internationales. Dans son allocution, le diplomate a relié cette rencontre à la Journée internationale du dialogue des civilisations instaurée par l’Onu, ainsi qu’à l’Initiative pour la civilisation mondiale lancée par le président Xi Jinping. « Les civilisations s’enrichissent par les échanges et se renforcent par l’apprentissage mutuel. Le dialogue entre les civilisations est important pour dissiper les préjugés, les discriminations et préserver la paix dans le monde. Cette année marque l’Année sino-africaine des échanges humains. À ce nouveau point de départ, nous devons continuer à faire résonner les traditions d’assimilation mutuelle afin d’insuffler une énergie positive et constante pour approfondir le partenariat stratégique entre la Chine et le Bénin », a confié l’ambassadeur.
Le cœur de la manifestation a battu au rythme d’une dégustation guidée. Cela a offert à l’assistance une véritable immersion dans l’art du thé chinois. Trois variétés d’exception ont été mises à l’honneur pour illustrer la richesse de ce patrimoine. Il s’agit d’abord du thé “Tieguanyin”. Originaire du comté d’Anxi dans la province du Fujian, ce thé semi-oxydé de la famille des Oolongs a séduit par son arôme floral délicat, sa fraîcheur en bouche et son équilibre subtil entre rondeur et vivacité. Dans la tradition, il demeure le symbole de l’élégance et de la sérénité. Le thé Zhengshan Xiaozhong (Lapsang Souchong), est également issu du Fujian (monts Wuyi). Cet ancêtre des thés noirs s’est démarqué par sa saveur profonde aux notes boisées et son parfum fumé caractéristique, fruit d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. Le “Biluochun” (Spirale deJade du Printemps) est un thé qui provient de la province du Jiangsu. Ce thé vert aux feuilles délicatement enroulées a offert une finale vive, florale, fruitée et légèrement sucrée.

L’histoire intime et les vertus scientifiques d’un bien commun
Prenant la parole, Julien Segbo, Directeur béninois de l’Institut Confucius de l’UAC, a partagé son parcours personnel avec cette culture. Cette expérience a débuté en septembre 1999 sous l’égide de son directeur de mémoire, le professeur Zhou Xing. Au-delà du rituel de convivialité, le directeur a dressé une analyse rigoureuse des bienfaits thérapeutiques de la feuille de thé. Il a rappelé qu’elle constitue une source précieuse d’oligoéléments (potassium, phosphore, magnésium, sodium) et de fluor. Julien a toutefois partagé une mise en garde scientifique quant aux excès de théine ou de caféine. En effet, ces substances sont susceptibles de provoquer des troubles du sommeil ou des brûlures d’estomac. Il a conclu sur une note préventive essentielle : « Le thé accompagne le quotidien des Chinois, qu’il soit dégusté en famille, au travail ou dans les maisons de thé pour honorer des invités. En dehors de la caféine, il contient des antioxydants qui réduisent le risque de maladies chroniques telles que les affections cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’obésité ou le cancer. Les études médicales prouvent que le thé joue un rôle majeur dans la santé et le bien-être au quotidien. »
En refermant ses portes, ce salon culturel a concrétisé la célèbre maxime partagée lors de la soirée. La culture constitue un pont inébranlable entre les peuples, et le partage d’une tasse de thé reste, par excellence, le plus court chemin vers l’harmonie.
Julien Tohoundjo
Félicienne HOUESSOU
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