Le Bénin accélère la modernisation de sa lutte contre le paludisme avec le lancement d’un programme financé à hauteur de 2,3 millions de dollars par le Japon, misant sur les drones, l’intelligence artificielle et la cartographie géospatiale pour renforcer la prévention d’une maladie qui continue de peser lourdement sur les systèmes de santé et la productivité économique du continent.
Le projet, baptisé « Action intégrée pour la prévention du paludisme : partenariat public-privé et engagement local des jeunes au Bénin », a été lancé mardi à Cotonou par le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, en présence de l’ambassadeur du Japon au Bénin, Uezono Hideki, et de la représentante adjointe de l’UNICEF au Bénin, Aude Rigot.
Au cœur de l’initiative figure le recours à des drones pour épandre des larvicides homologués par l’Organisation mondiale de la Santé dans les zones à forte endémicité, afin de cibler les gîtes larvaires avec davantage de précision, y compris dans les zones difficiles d’accès. Les technologies de géolocalisation et d’intelligence artificielle seront également utilisées pour identifier les foyers à risque et améliorer la surveillance environnementale.
Le programme sera déployé dans six communes pilotes – Copargo, Djougou, Tchaourou, Ouidah, Abomey-Calavi et Cotonou – et combine lutte antivectorielle, vaccination et mobilisation communautaire, avec une implication directe des jeunes dans les actions de prévention.
Pour les autorités béninoises, cette approche vise à accroître l’efficacité des interventions tout en optimisant l’utilisation des ressources publiques consacrées à la lutte contre le paludisme, une maladie qui représente encore un coût économique important en raison de son impact sur la productivité, la fréquentation scolaire et les dépenses de santé.
« Cette stratégie permet de réduire durablement la densité des moustiques. Le larvicide utilisé dans cette campagne est homologué par l’Organisation mondiale de la Santé et sera appliqué conformément aux normes de sécurité recommandées. Grâce à l’utilisation des drones, il est désormais possible d’intervenir avec davantage de précision, de rapidité et d’efficacité, même dans les zones difficilement accessibles », a déclaré le ministre Benjamin Hounkpatin.
La représentante adjointe de l’UNICEF au Bénin a souligné que l’efficacité du projet reposera également sur la participation des communautés. Selon Aude Rigot, les jeunes, les relais communautaires et les leaders locaux contribueront à la sensibilisation, au suivi des interventions et à la promotion des mesures de prévention, afin de garantir des résultats durables.
Pour le Japon, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des systèmes de santé en Afrique. L’ambassadeur Uezono Hideki a indiqué que le projet est aligné sur la vision nationale « Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs » ainsi que sur les engagements pris dans le cadre de la TICAD 9, qui fait de la prévention, de la préparation et de la réponse aux crises sanitaires une priorité de la coopération japonaise avec le continent africain.
Dossou AFFAMA
Avez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com



