Le Togo est devenu le seul pays au monde à sortir de la catégorie des économies à faible revenu en 2026, selon la dernière mise à jour des classifications de revenu du Groupe de la Banque mondiale. Cette évolution rapproche le pays de ses partenaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et renforce son profil auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs, sans remettre en cause, à court terme, son accès aux financements concessionnels.
Publiée le 1er juillet, la nouvelle classification couvre 218 économies et repose sur le revenu national brut (RNB) par habitant calculé selon la méthode Atlas. Le Togo accède désormais au groupe des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, rejoignant notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin.
Sur les six économies reclassées cette année, le Togo est le seul à quitter le groupe des pays à faible revenu. Les autres – la Jordanie, la Micronésie, les Philippines, le Sri Lanka et le Vietnam – progressent vers la catégorie des pays à revenu intermédiaire supérieur.
Cette promotion reflète une combinaison de facteurs économiques et statistiques. La Banque mondiale souligne que la croissance du produit intérieur brut, établie à 5,9 % en 2025 et réévaluée à près de 6 % par le Fonds monétaire international (FMI), a soutenu l’amélioration du revenu par habitant. La révision à la baisse de 11,7 % des estimations démographiques, à la suite des résultats définitifs du recensement de 2022, ainsi que l’évolution des taux de change, ont également contribué à franchir le seuil de reclassement.
Au-delà de sa portée symbolique, ce changement de statut pourrait influencer les conditions de financement du pays. Les classifications de revenu constituent un indicateur de référence pour les institutions financières internationales, les agences de développement et les agences de notation dans l’évaluation du risque souverain et de l’éligibilité à certains mécanismes d’aide.
À moyen terme, la question du maintien de l’accès aux ressources concessionnelles de l’Association internationale de développement (IDA), principal guichet de la Banque mondiale destiné aux pays les plus pauvres, pourrait se poser. Toutefois, l’expérience d’autres États de l’UEMOA suggère une transition progressive. La Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin continuent de bénéficier des financements de l’IDA et des facilités concessionnelles du FMI, tout en accédant progressivement à des ressources dites « mixtes », associant financements concessionnels et prêts à des conditions de marché.
Cette évolution ouvre également la voie à une diversification des sources de financement. À la Banque africaine de développement, des pays comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire disposent désormais d’un statut mixte, leur permettant de mobiliser à la fois les ressources concessionnelles du Fonds africain de développement et les financements souverains non concessionnels. Pour le Togo, cette nouvelle classification pourrait ainsi améliorer sa capacité à attirer des capitaux, financer ses infrastructures et accompagner sa stratégie de transformation économique, tout en renforçant sa crédibilité sur les marchés financiers internationaux.
Nadia SAR
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