L’accord de partenariat de pêche durable (APPD) liant le Gabon à l’Union européenne (UE) est officiellement arrivé à échéance le 28 juin 2026 sans être renouvelé. À l’initiative de Libreville, cette décision marque un tournant dans la gestion des ressources halieutiques du pays, les autorités gabonaises estimant que le dispositif profitait principalement aux armateurs européens sans générer de bénéfices suffisants pour l’économie nationale.
La remise en cause de cet accord avait été annoncée il y a un an par le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema. Les autorités dénoncent notamment un modèle dans lequel les navires européens, autorisés à pêcher principalement le thon dans les eaux gabonaises, débarquent leurs captures hors du territoire national, privant ainsi le pays des retombées économiques liées à la transformation et à la commercialisation du poisson.
Selon le gouvernement, les revenus tirés de l’accord ne compensent ni la valeur réelle des ressources exploitées ni les dépenses engagées par l’État pour la surveillance et le contrôle des activités de pêche. Les autorités pointent également l’absence d’investissements significatifs en matière de création d’emplois, de développement local et de renforcement des capacités nationales.
Libreville estime par ailleurs que le manque de mécanismes partagés de transparence et de suivi scientifique accroît les risques de surexploitation des ressources halieutiques. Face à ce constat, le gouvernement souhaite instaurer une nouvelle doctrine fondée sur la transformation locale des produits de la pêche. L’objectif est d’obliger les opérateurs à débarquer leurs captures dans les ports gabonais afin de favoriser la création d’emplois, le développement d’industries de transformation et une meilleure valorisation des ressources maritimes du pays.
De son côté, l’Union européenne affirme rester ouverte au dialogue et se dit disposée à poursuivre les discussions avec les autorités gabonaises. Bruxelles souligne sa volonté de trouver un terrain d’entente permettant de préserver la coopération dans le secteur de la pêche.
Conclu pour la première fois en 2007, l’accord a été renouvelé à plusieurs reprises, la dernière fois en 2021. Selon les chiffres avancés par les autorités, il aurait généré près de 17 milliards de francs CFA de recettes pour l’État gabonais sur les cinq dernières années. Désormais, Libreville entend renégocier les conditions d’exploitation de ses ressources marines afin qu’elles contribuent davantage à l’industrialisation et à la souveraineté économique du pays.
Elom LOKONON
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