Longtemps limitée à certaines zones, la maladie du Swollen Shoot gagne désormais l’ensemble des bassins de production en Côte d’Ivoire, faisant peser une menace croissante sur la première filière agricole du pays. Selon une étude publiée en février 2026 par Enveritas, plus de 41 % des exploitations étaient infectées lors de la campagne 2024-2025, contre 33 % deux saisons auparavant.
Cette progression rapide du virus pourrait compromettre jusqu’à 15 % de l’offre nationale de cacao, avec des pertes de rendement pouvant atteindre un tiers dès les premières années d’infection. Dans un pays où la filière représente environ 15 % du PIB et fait vivre près de 8 millions de personnes, les conséquences dépassent largement le cadre agricole.
Représentant le ministre de l’Agriculture, Coulibaly Ali a insisté sur l’importance stratégique du cacao. Il a averti que cette maladie constitue « une menace grave pour la pérennité du verger cacaoyer africain », soulignant que la lutte contre le virus conditionne la capacité à ապահովir des revenus durables et équitables aux producteurs.
Face à cette situation, la question des données apparaît centrale. Présent à Abidjan, Michel Arrion, à la tête de l’Organisation internationale du cacao, a plaidé pour une meilleure quantification de l’impact des maladies du cacao. Selon lui, des données fiables sont indispensables pour améliorer les prévisions et orienter efficacement les politiques publiques à l’échelle régionale.
Partenaire clé de l’initiative conjointe entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, Union européenne a également réaffirmé son engagement. Son représentant, Irchad Razaaly, a évoqué un défi majeur pour la productivité, les revenus et l’avenir de la filière, mettant en avant les efforts en matière de financement, de coordination et de traçabilité.
Au cœur de la riposte, l’initiative Cocoa Côte d’Ivoire-Ghana mise sur une approche centrée sur les producteurs. Son secrétaire exécutif, Alex Assanvo, insiste sur la nécessité de mieux comprendre la maladie pour la contenir durablement.
La stratégie régionale, présentée par le Centre national de recherche agronomique, s’articule autour de cinq axes majeurs. Parmi eux : la réhabilitation de 70 000 hectares de vergers sur cinq ans, la cartographie de la maladie, la sensibilisation des producteurs, la surveillance des parcelles replantées et le développement de variétés plus résistantes.
Face à l’ampleur de la crise, une réponse coordonnée s’impose pour préserver l’un des piliers économiques de l’Afrique de l’Ouest.
Elom LOKONON
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