La Banque Africaine d’Import-Export, Afreximbank, a publié la dernière édition de sa note d’analyse Trade and Development Finance Brief, consacrée à l’évolution du commerce et de l’investissement en Afrique. L’institution y met en lumière les principaux défis structurels qui continuent de freiner la transformation économique du continent dans un environnement mondial marqué par une forte incertitude.
Selon le rapport, les exportations africaines demeurent largement dominées par les matières premières, notamment les produits agricoles, les hydrocarbures et les minerais, tandis que les importations restent concentrées sur les biens manufacturés, les équipements industriels et les machines. Cette configuration expose de nombreuses économies africaines aux fluctuations des prix internationaux, aux tensions géopolitiques et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Face à cette vulnérabilité, Afreximbank souligne le rôle stratégique de la Zone de libre-échange continentale africaine dans la diversification des économies africaines. L’institution estime que la mise en œuvre progressive de la ZLECAf, combinée aux objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, pourrait accroître de plus de 20 % les exportations intra-africaines au cours de la prochaine décennie grâce au renforcement des chaînes de valeur régionales et à une meilleure intégration des marchés.
La note met également l’accent sur l’importance des investissements dans les infrastructures de soutien au commerce, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports, des télécommunications, des ports et de la logistique. Selon Afreximbank, ces investissements sont essentiels pour réduire les coûts des échanges, stimuler l’industrialisation et améliorer l’attractivité du continent pour les investisseurs.
L’institution appelle par ailleurs à renforcer la cohérence réglementaire, les capacités institutionnelles, l’accès au financement des PME et l’adoption des technologies financières numériques. Elle relève que les investissements nationaux et étrangers progressent dans plusieurs pays africains, même si leur répartition demeure inégale entre les différentes sous-régions du continent.
Pour le Dr Yemi Kale, les institutions régionales de financement du développement jouent un rôle croissant dans le soutien au commerce intra-africain. Il cite notamment plusieurs initiatives portées par Afreximbank, dont la Foire commerciale intra-africaine, le Système panafricain de paiement et de règlement ou encore le Fonds d’ajustement de la ZLECAf.
En conclusion, la banque estime que malgré les progrès enregistrés ces dernières années, des efforts importants restent nécessaires pour renforcer le financement du commerce, accélérer la transformation locale des produits et exploiter pleinement le potentiel commercial et industriel de l’Afrique.
Elom LOKONON
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