Le West African Tax Administration Forum (WATAF) a appelé à renforcer les investissements dans l’éducation des contribuables, estimant que la confiance des citoyens envers les administrations fiscales est devenue un levier essentiel pour accroître la conformité volontaire et améliorer la mobilisation des recettes intérieures, un enjeu majeur pour les économies africaines confrontées à des besoins croissants de financement.
S’exprimant lors du webinaire international « Éducation des contribuables dans les pays partenaires de l’ATI : fondation et pratique », organisé dans le cadre de l’Initiative fiscale d’Addis (ATI), le secrétaire exécutif du WATAF, Jules Tapsoba, a déclaré que les administrations fiscales doivent désormais dépasser une logique fondée uniquement sur le contrôle et les sanctions.
« L’éducation des contribuables ne consiste plus simplement à informer les contribuables de leurs obligations. Il s’agit de créer de la confiance, d’améliorer la transparence et de construire une relation de coopération entre les administrations fiscales et les citoyens », a-t-il affirmé devant des responsables d’administrations fiscales, des experts et des partenaires au développement.
Selon lui, une mobilisation durable des recettes fiscales repose sur une meilleure compréhension du système fiscal par les contribuables et sur la crédibilité des institutions chargées de le mettre en œuvre. Dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à réduire leur dépendance à l’endettement extérieur, l’élargissement de l’assiette fiscale est considéré comme un levier stratégique pour financer les dépenses publiques et les investissements.
S’appuyant sur le cadre d’évaluation TADAT, Jules Tapsoba a indiqué qu’une politique efficace d’éducation fiscale doit privilégier une communication accessible des lois fiscales, expliquer clairement les droits et obligations des contribuables, fournir des informations rapides et maintenir un dialogue permanent avec les citoyens afin de répondre à leurs préoccupations.
Le responsable a également mis en avant le rôle du WATAF dans le renforcement des capacités des administrations fiscales ouest-africaines à travers l’assistance technique, l’apprentissage entre pairs, les programmes de formation et le dialogue sur les politiques publiques, avec pour objectif d’améliorer les services aux contribuables et de favoriser la conformité volontaire.
Il a souligné que les partenariats avec des organisations telles que le Partenariat budgétaire international (IBP), des organisations de la société civile, des institutions universitaires ainsi que des parlementaires constituent un facteur clé pour promouvoir la transparence fiscale, renforcer l’engagement citoyen et consolider le contrat social.
À titre d’exemple, Jules Tapsoba a cité la récente collaboration du WATAF avec le médiateur fiscal du Nigeria, présentée comme une initiative destinée à améliorer la protection des contribuables, renforcer les mécanismes de règlement des différends et accroître l’équité des systèmes fiscaux.
Le responsable a réaffirmé l’engagement du WATAF à poursuivre son appui aux administrations membres grâce à la coopération régionale, à l’assistance technique et aux partenariats stratégiques, afin de bâtir des systèmes fiscaux plus transparents, plus efficaces et davantage capables de soutenir les objectifs de développement.
Le webinaire s’inscrivait dans la mise en œuvre de la Déclaration de Séville sur la mobilisation des recettes intérieures, portée par l’Initiative fiscale d’Addis. Les travaux ont également réuni des représentants de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Autorité fiscale du Kenya et de la Direction générale des impôts de Madagascar autour des meilleures pratiques en matière d’éducation fiscale et de renforcement des administrations tributaires.
Félicienne HOUESSOU
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