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Dette au Ghana : 1,47 milliard $ pour solder les arriérés du secteur énergétique

Le secteur énergétique ghanéen, miné depuis plusieurs années par une accumulation de dettes envers les acteurs privés, amorce un tournant décisif. Le gouvernement a annoncé le déblocage de 1,47 milliard de dollars afin d’apurer une partie substantielle des arriérés, une mesure présentée comme le point de départ d’une réforme durable d’un pilier stratégique de l’économie nationale.

L’annonce a été faite le 12 janvier par le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, qui a affirmé que « l’ère de l’accumulation incontrôlée des dettes du secteur énergétique est révolue », selon des propos relayés par Reuters. Dans le détail, un premier volet du plan prévoit le versement de 597,15 millions de dollars pour reconstituer la garantie mise en place par la Banque mondiale pour l’approvisionnement en gaz du champ offshore Cape Three Points. Instaurée en 2015, cette garantie visait à sécuriser près de 8 milliards de dollars d’investissements privés dans l’énergie.

L’État ghanéen a également procédé au remboursement d’environ 480 millions de dollars d’arriérés dus aux groupes ENI et Vitol pour des livraisons de gaz destinées à la production d’électricité. À cela s’ajoute l’apurement de près de 393 millions de dollars de dettes historiques envers des producteurs indépendants d’électricité (IPP), dont 120 millions de dollars pour la société turque Karpowership et 59,4 millions de dollars pour Cenpower Generation. L’association des producteurs indépendants d’électricité a salué ces paiements, estimant qu’ils constituent « une étape majeure dans le rétablissement de la stabilité financière et de la confiance opérationnelle dans l’ensemble du secteur ».

Ces règlements concrétisent une promesse formulée par le président John Dramani Mahama dès son retour au pouvoir en janvier 2025, lorsqu’il s’était engagé à réduire les quelque 2,5 milliards de dollars dus aux fournisseurs de gaz et aux IPP. La mesure devrait améliorer l’image du Ghana auprès des investisseurs internationaux et apaiser les tensions avec les producteurs privés, qui assurent environ 60 % de la demande de pointe du pays. En 2023, le précédent gouvernement avait envisagé de traiter ces créances comme une dette extérieure, une option vivement contestée par les IPP, qui craignaient une décote de près de 50 % de leurs créances.

Si cette initiative marque une avancée significative, elle ne règle pas pour autant l’ensemble des fragilités structurelles du secteur. Les observateurs soulignent notamment les faiblesses persistantes de la compagnie publique de distribution d’électricité (ECG), qui ne parvient à recouvrer qu’environ 62 % de l’électricité achetée aux producteurs indépendants. Les pertes, estimées à près de 40 %, résultent à la fois de défauts de paiement, de fuites commerciales et d’inefficiences opérationnelles.

Pour y remédier, le gouvernement envisage d’associer davantage le secteur privé aux processus de facturation et de recouvrement, afin de sécuriser les revenus. Le succès de cette stratégie dépendra toutefois de la rigueur de sa mise en œuvre, de la lutte contre les fraudes et d’une coopération transparente entre acteurs publics et privés. En définitive, si l’apurement des dettes constitue un signal fort, il ne représente qu’un premier pas vers la transformation durable du secteur électrique ghanéen.

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