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Djibouti : la ZLECAf pourrait accroître les exportations de 7,1 % et la production de 4,8 %

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), à travers son Bureau pour l’Afrique de l’Est, et le ministère djiboutien de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie ont présenté aujourd’hui une étude sur les effets de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) sur l’industrialisation et la diversification économique de Djibouti.

Le rapport évalue les possibilités offertes par l’intégration commerciale africaine pour accélérer la transformation structurelle du pays, développer sa production industrielle et renforcer sa présence dans les chaînes de valeur régionales et continentales. Cette démarche intervient alors que Djibouti cherche à réduire sa dépendance à une économie traditionnellement dominée par le transport, la logistique et les services portuaires.

Andrew Mold, directeur du Bureau de la CEA pour l’Afrique de l’Est, a rappelé les progrès économiques enregistrés par le pays au cours de la dernière décennie. Le produit intérieur brut (PIB) réel de Djibouti a plus que triplé, passant de 1,34 milliard de dollars en 2010 à 4,15 milliards de dollars en 2025. Sur la même période, le PIB par habitant est passé de 1 605 à 3 501 dollars.

Pour Andrew Mold, la ZLECAf représente un levier pour prolonger cette dynamique en stimulant le développement industriel, en élargissant les capacités productives et en créant davantage d’emplois de meilleure qualité. Il a toutefois insisté sur la nécessité de politiques adaptées pour répartir les bénéfices de la croissance et de l’intégration régionale entre toutes les catégories de la population, notamment les femmes et les jeunes, appelés à jouer un rôle central dans la transformation économique de l’Afrique.

Les projections de l’étude mettent en évidence des gains potentiels significatifs. La mise en œuvre intégrale de la ZLECAf pourrait accroître les exportations totales de Djibouti d’environ 7,1 % et augmenter la production nationale globale de 4,8 %. Les gains les plus importants sont attendus dans certaines branches manufacturières, notamment la transformation alimentaire et les produits de construction, où la production pourrait progresser de 10 % ou davantage.

Lors du lancement, José Barahona, coordinateur résident des Nations unies à Djibouti, a souligné que la diversification économique constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience du pays et créer des moyens de subsistance durables. Selon lui, l’étude montre comment l’intégration régionale peut accélérer l’industrialisation, l’innovation et une croissance inclusive, particulièrement au bénéfice des jeunes et des entrepreneurs.

Le rapport dresse également un état des lieux du tissu industriel djiboutien. Il recense 23 entreprises industrielles actives, dont 14 entreprises nationales et neuf entreprises étrangères, employant au total 892 travailleurs. Malgré la taille encore limitée du secteur, la valeur ajoutée manufacturière par habitant a presque triplé depuis 2011. Cette évolution témoigne du potentiel productif croissant du pays et des effets positifs des investissements continus dans les infrastructures, la logistique et la connectivité.

Dans son discours d’ouverture, Ilyas Moussa Dawaleh, ministre de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie, a réaffirmé la volonté du gouvernement de mettre en place des politiques permettant aux entreprises de tirer pleinement parti de la ZLECAf. Djibouti dispose, selon lui, d’atouts stratégiques pour bénéficier de l’intégration continentale, grâce à sa position à la croisée de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie, ainsi qu’à ses infrastructures portuaires et à ses réseaux de transport de classe mondiale.

L’étude souligne également la place des femmes dans le tissu économique national. Elles détiennent des participations dans 32,3 % des entreprises de Djibouti, une proportion supérieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Elles représentent par ailleurs près d’un tiers des employés permanents à temps plein. Le rapport estime que des mesures ciblées en faveur des entrepreneures et des travailleuses seront déterminantes pour assurer une répartition plus large des bénéfices de la ZLECAf.

La réunion s’est achevée sur un appel à renforcer la coopération entre les institutions publiques, le secteur privé, les partenaires au développement et la société civile afin de traduire les recommandations de l’étude en mesures concrètes. Les participants ont identifié plusieurs priorités : améliorer la compétitivité industrielle, faciliter l’accès au financement, développer les compétences et soutenir les industries tournées vers l’exportation. Ces leviers seront essentiels pour maximiser les retombées de la ZLECAf et concrétiser les ambitions de développement à long terme de Djibouti.

Nadia SARR

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