Le 22 janvier 2026 restera comme une date clé dans l’histoire financière du Bénin. En l’espace d’une seule journée, le pays a démontré une capacité remarquable à mobiliser des ressources aussi bien sur les marchés internationaux que régionaux. Il confirme ainsi son statut d’émetteur souverain crédible, innovant et recherché par les investisseurs.
Sur la scène internationale, la République du Bénin s’est illustrée en devenant le premier État africain à réaliser une émission inaugurale de Sukuk international. D’un montant nominal de 500 millions de dollars américains et d’une maturité de sept ans, cette opération affiche un coupon de 4,92% en euros, rendu possible grâce à une couverture intégrale du risque de change dollar-euro. Au-delà de son caractère historique, ce Sukuk marque, selon le communiqué du ministère de l’Économie et des Finances, une étape stratégique majeure dans la diversification des instruments de financement du pays et dans l’élargissement de sa base d’investisseurs vers l’univers de la finance islamique, en particulier dans les pays du Golfe.
Dans la continuité, le Bénin a également procédé avec succès à la réouverture de son Eurobond arrivant à échéance en 2038, levant un montant additionnel de 350 millions de dollars. Là encore, une couverture de change dollar-euro a permis de ramener le coupon à 6,19% en euros. Ces deux opérations ont bénéficié d’un contexte de marché pourtant volatil, mais surtout d’un travail de préparation et de communication financière engagé dès 2025, avec des roadshows à Doha, Abu Dhabi, Dubaï et Londres.
Le résultat a dépassé les attentes. Le livre d’ordres a culminé à plus de 7 milliards de dollars, soit une sursouscription supérieure à huit fois le montant total émis. La demande, large et de haute qualité, est venue d’Europe, des États-Unis, d’Asie et du Moyen-Orient, avec une participation notable de nouveaux investisseurs du Golfe. Cette forte appétence a permis au Bénin d’obtenir des conditions de financement plus favorables que celles observées sur le marché secondaire pour ses titres existants. C’est un signal fort de la confiance accordée à son profil de crédit souverain.
65,999 milliards FCFA encaissés sur le marché financier de l’UEMOA
Parallèlement à ces succès internationaux, le Bénin a confirmé sa solidité sur le marché financier régional de l’UEMOA. Le même 22 janvier 2026, le Trésor public béninois a levé 65,999 milliards FCFA à l’issue d’une émission simultanée de bons assimilables du Trésor de 182 jours et d’obligations assimilables du Trésor de 3, 5 et 7 ans. Pour un montant initialement mis en adjudication de 60 milliards FCFA, Umoa titres informe que les soumissions ont atteint 175,239 milliards FCFA, traduisant un taux de couverture exceptionnel de 292,07%.
Le montant retenu, bien que volontairement limité, témoigne d’une gestion prudente de la dette. Les investisseurs sélectionnés bénéficieront de rendements moyens pondérés de 5,32% pour les bons, 6,43% pour les obligations de 3 ans, 6,68% pour celles de 5 ans et 6,93% pour les titres de 7 ans. Cette opération confirme l’attractivité des signatures souveraines béninoises auprès des investisseurs régionaux et la profondeur croissante du marché financier de l’UEMOA.
Pris dans leur ensemble, ces résultats traduisent une performance rare pour un État africain sur une période aussi courte. Ils permettent au Bénin de couvrir une part significative de ses besoins de financement inscrits dans la loi de finances 2026, tout en améliorant la structure et le profil de maturité de sa dette publique. Plus largement, ils consacrent le pays comme un émetteur de référence parmi les marchés émergents, capable d’innover, de diversifier ses sources de financement et de tirer parti des fenêtres de marché, même dans un environnement international incertain.
Félicienne HOUESSOU
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