L’essor des paiements numériques transforme progressivement l’accès aux services financiers en Afrique de l’Ouest. À Dakar, mercredi, cette dynamique a été au cœur des échanges lors de l’ouverture de la première édition du Salon monétique national. À cette occasion, le directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), François Sène, a souligné le rôle déterminant des technologies financières dans l’inclusion financière et la lutte contre la pauvreté.
Dans un environnement marqué par la digitalisation croissante des paiements, l’utilisation des cartes bancaires, des portefeuilles électroniques et des transactions en ligne représente, selon lui, une opportunité stratégique. Ces outils permettent, progressivement mais durablement, d’élargir l’accès aux services financiers, de soutenir l’émergence économique et de renforcer la résilience des populations.
Selon les organisateurs, ce salon vise avant tout à stimuler la réflexion collective. L’objectif est clair : favoriser une inclusion financière plus large et accélérer la formalisation des transactions. Placée sous le thème « Paiements numériques et inclusion financière : enjeu de souveraineté monétaire en Afrique de l’Ouest », la rencontre se veut un cadre structurant pour les acteurs du secteur.
Présent à la cérémonie officielle d’ouverture, le représentant du ministre des Finances et du Budget, Banda Diop, a salué l’initiative. Il a estimé que le lancement de ce salon constitue une reconnaissance de l’importance stratégique de la monétique. Selon lui, cette plateforme ouvre des perspectives concrètes pour le développement futur du secteur.
Pour Banda Diop, la monétique est désormais en passe de devenir le cœur de l’inclusion financière et de la modernisation économique. Il a notamment relevé l’accélération de l’adoption des solutions numériques, la multiplication des innovations et la démocratisation progressive de l’accès aux services financiers grâce aux cartes, aux terminaux de paiement et au mobile money.
Le directeur général du Groupement interbancaire monétique de l’UEMOA (GIM-UEMOA), Minayegnan Coulibaly, a abondé dans le même sens. Il a observé que les paiements numériques s’imposent, de plus en plus, comme une véritable porte d’entrée vers l’inclusion financière. Toutefois, il a rappelé que plus de 80 % des transactions quotidiennes restent encore effectuées en espèces, malgré une croissance annuelle de plus de 20 % des services digitaux.
Face à ce paradoxe, il a appelé à massifier les transactions électroniques afin de mieux refléter la dynamique réelle d’épargne, de consommation et d’investissement des ménages.
La présidente du Comité monétique national (CMN), Ndèye Aminata Diallo, s’est réjouie de la tenue de ce salon. Elle y voit un cadre d’échanges privilégié entre les banques, les établissements de paiement, les émetteurs de monnaie électronique, les Fintechs et les usagers. Un espace propice, selon elle, à une réflexion approfondie sur l’inclusion financière.
Enfin, la présidente de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (APBEFS), Khady Boye Hann, a souligné que ce salon consacre l’importance de la promotion de la carte bancaire et du développement de l’interbancarité numérique au Sénégal.
Elom LOKONON
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