Addis-Abeba accueille l’élite politique du continent à l’occasion de la 39ᵉ Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), dont les travaux culmineront les 14 et 15 février 2026. À l’aéroport international de Bole, les délégations continuent d’affluer, parmi lesquelles le roi Letsie III du Lesotho, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, la vice-présidente ougandaise Jessica Rose Alupo et le vice-président gambien Muhammed B.S. Jallow.
Les dirigeants ont été reçus par de hauts responsables éthiopiens, dont la ministre des Femmes et des Affaires sociales, Ergogie Tesfaye, le ministre de l’Agriculture, Adisu Arega, la ministre du Travail et des Compétences, Muferiat Kamil, ainsi que le ministre d’État aux Affaires étrangères, l’ambassadeur Berhanu Tsegaye, et le ministre des Transports et de la Logistique, Alemu Sime.
Placée sous le thème « Garantir un approvisionnement durable en eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », cette rencontre annuelle met en lumière un enjeu structurant pour l’avenir du continent. L’accès équitable et sécurisé à l’eau constitue un levier central pour la santé publique, la stabilité sociale, la résilience climatique et la transformation économique, dans un contexte marqué par la pression démographique, l’urbanisation rapide et les tensions croissantes sur les ressources naturelles.
Les travaux ont débuté par la 48ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif, les 11 et 12 février, réunissant les ministres des Affaires étrangères. Ces discussions préparatoires visent à harmoniser les positions et à soumettre des recommandations stratégiques à l’Assemblée des chefs d’État, instance suprême de décision de l’organisation panafricaine.
En marge des travaux, le roi Letsie III, ambassadeur de l’UA pour la nutrition, a effectué une visite à l’hôpital Zewditu Memorial, accompagné notamment de la ministre éthiopienne de la Santé, Mekdes Daba, et du directeur général de Nutrition International, Joel Spicer. Cette séquence a permis de mettre en avant les efforts de l’Éthiopie en matière de développement de l’enfant et de sécurité nutritionnelle.
Sur le plan institutionnel, le sommet est également marqué par le renouvellement partiel du Conseil de paix et de sécurité (CPS). Le Bénin a été élu pour un mandat de deux ans couvrant la période 2026-2028, aux côtés du Lesotho, du Gabon, du Maroc, de la Somalie et de l’Afrique du Sud. Quatre pays – la Côte d’Ivoire, la RDC, la Sierra Leone et l’Ouganda – ont été reconduits. La RDC a obtenu 44 voix sur 48, entamant ainsi un second mandat consécutif.
La nouvelle configuration respecte l’équilibre régional prévu par les textes de l’UA, même si le siège réservé à l’Afrique du Nord demeure vacant faute de consensus. Les dix membres entreront en fonction le 1ᵉʳ avril 2026, après validation finale par les chefs d’État.
En accueillant ce 39ᵉ sommet, l’Éthiopie réaffirme son rôle central dans la diplomatie continentale. Les décisions attendues devraient orienter les politiques publiques et les investissements en faveur d’une gestion durable de l’eau, tout en consolidant l’architecture africaine de paix et de sécurité, à l’heure où les foyers de tension persistent du Sahel à la Corne de l’Afrique.
Félicienne HOUESSOU
Avez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com



