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Fiscalité : au Bénin, la numérisation gagne en efficacité

La transformation numérique de l’administration fiscale béninoise commence à produire des gains mesurables, avec le score moyen de l’efficacité administrative qui atteint 64,31%. Toutefois, les travaux présentés ce mercredi 23 septembre 2026, lors de la session « Numérisation et administration fiscale » du 11e Congrès annuel du Réseau africain de recherche fiscale (ATRN) montrent que la technologie seule ne suffit pas. Les compétences, les infrastructures, l’accompagnement des contribuables et la qualité de la gouvernance restent déterminants pour convertir le virage numérique en recettes fiscales durables.

Fiscalité : au Bénin, la numérisation gagne en efficacité

Au Bénin, l’étude présentée par Dr Fortuné Toupe, Chef Service de la Gestion du Centre des Impôts des Moyennes Entreprises de la Direction Générale des Impôts, établit un lien direct entre la digitalisation et la performance administrative. Sur la période 2017-2023, le score moyen d’efficacité productive des sept centres des impôts étudiés s’établit à 64,31%. La trajectoire est surtout marquée par une nette progression. L’efficacité moyenne est passée de 46,64% en 2017 à 79,42% en 2023. La digitalisation améliore ainsi significativement l’efficacité des centres des impôts, tandis que la population fiscale et les impositions complémentaires issues des contrôles sur pièces contribuent positivement à cette performance. Pour Dr Fortuné Toupe, l’enjeu dépasse donc la simple dématérialisation des procédures. La transformation digitale apparaît comme un levier d’efficacité, mais ses résultats restent liés à la manière dont les ressources humaines sont gérées et dont les contrôles fiscaux sont ciblés. La technologie améliore les capacités de l’administration, sans se substituer à la qualité de son organisation.

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Pas sans le capital humain…

L’étude présentée par Dr Mingnimon Ghislain Gnidehou, chercheur associé au Laboratoire d’Economie Publique (LEP) de l’Université d’Abomey-Calavi, consacrée au rôle complémentaire du niveau d’éducation dans la mobilisation des recettes fiscales en Afrique subsaharienne fait un constat spécifique. Selon lui, lorsque l’utilisation d’Internet est accompagnée d’un niveau minimum d’éducation, la performance fiscale des États s’améliore. La digitalisation et le capital humain fonctionnent donc de manière complémentaire. La modernisation des services fiscaux ne peut ainsi être dissociée de l’investissement dans les compétences. <<Les réformes doivent être accompagnées de formations spécifiques destinées à renforcer les connaissances aussi bien des agents des impôts que des contribuables >>, Dr Mingnimon Ghislain Gnidehou. Trois orientations ressortent de cette étude. Il s’agira de poursuivre la modernisation de l’administration fiscale, d’investir dans le capital humain des administrations et des contribuables, puis de renforcer la gouvernance fiscale à travers la transparence, la responsabilité et la qualité administrative.

Fiscalité : au Bénin, la numérisation gagne en efficacité

Rappelle du coût des infrastructures

La réalité zambienne présentée par Maidah Kayekesi, Responsable des Impôts intérieurs de la Zambie élargit l’équation entre la digitalisation fiscale et le coût des infrastructures. Son étude sur la numérisation de la conformité à la TVA montre que l’impôt électronique doit être pensé comme un investissement de long terme, et non comme un outil destiné à produire des gains rapides. L’expérience zambienne souligne surtout que la technologie fiscale ne peut être isolée de son environnement opérationnel. <<Infrastructure, accessibilité aux services électroniques, accompagnement des organisations, électricité, accès aux équipements, compétences et intégration constituent des investissements complémentaires>>, dira Maidah Kayekesi.

En effet, la technologie doit être utilisable et accessible, tandis que le soutien doit accompagner les acteurs tout au long du processus. Pour la Zambie, cette contrainte est particulièrement visible avec les difficultés liées à l’électricité et à l’accès aux appareils. Maidah Kayekesi plaide ainsi pour une décentralisation du soutien, une plus grande stabilité des conditions nécessaires au fonctionnement des outils numériques et une priorisation des activités commerciales de haut niveau.

Du Bénin à la Zambie, le même enseignement se dessine. La numérisation fiscale peut accroître l’efficacité et la conformité, mais elle ne constitue pas une réforme autonome. Sa performance dépend de l’administration qui la porte, des compétences qui l’accompagnent et des infrastructures qui la rendent réellement accessible. Pour les États africains confrontés à la pression croissante sur leurs recettes, l’enjeu n’est donc plus seulement de digitaliser l’impôt, mais de construire l’écosystème capable de faire fonctionner cette digitalisation.

Kigali, Félicienne HOUESSOU

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