« Des soins sûrs pour les maladies non transmissibles » : c’est le thème retenu pour la Journée mondiale de la sécurité des patients et patientes, célébrée ce 17 septembre. Dans son message à cette occasion, le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Dr Mohamed Janabi, souligne les risques de préjudices évitables tout au long du parcours de soins et appelle à mieux les prévenir.
Lire le message du Dr Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique :
Message du DrMohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique
Pour une personne atteinte de diabète, de cancer, de maladie cardiaque ou d’une affection respiratoire chronique, les soins de santé consistent rarement en une seule rencontre. Ces soins peuvent s’étendre sur des années de consultations, d’examens, de traitements médicamenteux, d’orientations‑recours et de prise en charge thérapeutique. Chaque interaction devrait améliorer la santé, mais chacune peut également exposer un patient ou une patiente à des préjudices évitables.
Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité des patients et patientes 2026, placée sous le thème « Des soins sûrs pour les maladies non transmissibles » et le slogan « Des soins sûrs pour la vie ! », j’invite les gouvernements, les agents et agentes de santé, les partenaires, les patients et les patientes, ainsi que les familles à faire de la sécurité une partie intégrante des soins pour toutes les personnes vivant avec une maladie non transmissible.
Les maladies non transmissibles (MNT) ont causé au moins 43 millions de décès dans le monde en 2021. En 2019, 37 % des décès enregistrés dans la Région africaine étaient attribués aux maladies non transmissibles, contre 24 % en 2000. Environ deux tiers des décès dus aux MNT dans la Région sont des décès prématurés, contre 41,7 % sur le plan mondial. Les maladies non transmissibles sont également une cause majeure d’incapacité de longue durée et de perte de fonctions. Leur charge croissante est liée à des facteurs de risque tels que la mauvaise alimentation, la sédentarité, l’hypertension, l’obésité et la pollution de l’air.
Les personnes vivant avec des MNT reçoivent généralement des soins de plusieurs prestataires et établissements sur de longues périodes. Des préjudices peuvent survenir en raison de diagnostics tardifs ou manqués, d’erreurs de médication, d’interactions médicamenteuses indésirables, d’un suivi insuffisant ou d’une communication défaillante lorsque le patient passe d’un service à un autre. Les risques peuvent surgir lors du diagnostic, du traitement, de la réadaptation, des soins palliatifs et de l’auto-prise en charge, et être aggravés par la stigmatisation, la discrimination et les obstacles à l’accès aux médicaments et aux technologies essentiels.
L’élargissement de l’accès aux services de lutte contre les MNT doit donc aller de pair avec l’amélioration de leur sécurité et de leur qualité. Des soins de santé primaires solides peuvent assurer la continuité, identifier les problèmes de manière précoce et coordonner les soins aux différents niveaux du système de santé. Les agents et agentes de santé ont également besoin de conseils pratiques, de fournitures fiables et de lieux de travail où les erreurs peuvent être signalées et utilisées pour améliorer les soins, sans crainte d’être blâmés.
Dans la Région africaine, les pays étendent les services intégrés dédiés aux MNT au moyen d’approches telles que l’ensemble OMS d’interventions essentielles pour lutter contre les maladies non transmissibles dans le cadre des soins de santé primaires (WHO PEN) et l’ensemble d’interventions essentielles contre les maladies non transmissibles (PEN‑Plus) dans les établissements de premier recours. Ces approches rapprochent le diagnostic, le traitement et les soins de longue durée des communautés, tout en favorisant des soins plus sûrs grâce à des protocoles thérapeutiques fondés sur des données probantes, des voies d’orientation claires et un suivi régulier.
Les personnes vivant avec des MNT doivent également être considérées comme des partenaires pour rendre les soins plus sûrs. Ils comprennent où les services se dégradent et où les risques se manifestent dans la vie quotidienne. Écouter leur expérience, communiquer clairement et les impliquer dans la prise de décisions sont autant d’actions qui peuvent prévenir les préjudices et améliorer les résultats du traitement.
En cette Journée mondiale de la sécurité des patients, j’exhorte les États Membres à intégrer la sécurité des patients dans les politiques et programmes de lutte contre les MNT, à renforcer les systèmes de notification et d’apprentissage des préjudices, et à investir dans la formation des agents de santé, la supervision bienveillante et l’usage sûr des médicaments et des technologies.
J’invite les professionnels de santé à suivre des protocoles fondés sur des données probantes et à communiquer ouvertement avec les patients et patientes, ainsi que les collègues. Je prie également les patients et patientes, tout comme les familles de prendre la parole, de poser des questions et de partager leurs préoccupations chaque fois qu’un aspect de leurs soins semble douteux.
À l’OMS, nous sommes déterminés à soutenir les États Membres afin de renforcer les soins de santé primaires, d’améliorer la qualité et la sécurité des services de lutte contre les MNT et de faire en sorte que l’expérience des patients ou des patientes et des familles éclaire la conception et la prestation des soins.
Toutes les personnes doivent être protégées contre les préjudices évitables tout au long de leurs parcours de santé.
Ensemble, nous pouvons réduire les préjudices évitables et promouvoir des services de santé qui gagnent et maintiennent la confiance des personnes qu’ils servent.
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