Le Bénin a officiellement lancé la semaine dernière son partenariat avec le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF), devenant le premier nouveau pays à rejoindre l’initiative dans le cadre de la stratégie « CAP SUR 2030 » du GFF. Cette collaboration doit permettre au gouvernement béninois de mobiliser et d’aligner les ressources nationales et extérieures autour d’un plan visant à élargir l’accès à des services intégrés de santé et de nutrition de qualité pour les femmes, les enfants et les adolescents, tout en réduisant le retard de croissance infantile.
L’événement organisé à Cotonou a réuni des représentants du gouvernement, de la société civile, du secteur privé et des partenaires du développement. Il devait permettre d’établir une vision commune et d’identifier les priorités susceptibles d’accélérer les progrès. Cette rencontre marque également le lancement du développement du Dossier d’investissement du Bénin, un plan stratégique placé sous le leadership du pays pour aligner les financements et les partenariats autour des priorités nationales en matière de santé des femmes, des enfants et des adolescents.
« Le Bénin s’engage à améliorer la santé et le bien-être des femmes, des enfants et des adolescents en élargissant l’accès à des soins abordables et de qualité et en renforçant notre système de santé. Nous consolidons les soins de santé primaires, notamment la santé communautaire, améliorons la qualité des services et investissons dans les professionnels de santé, les infrastructures et les produits médicaux essentiels. Notre partenariat avec le GFF nous aidera à accélérer les progrès, en particulier pour les communautés qui en ont le plus besoin », a déclaré le professeur Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé du Bénin.
Le Bénin devient ainsi le 37e pays partenaire du GFF. Avec le financement complet de sa nouvelle stratégie, le mécanisme entend étendre son champ d’action à au moins 50 pays partenaires d’ici 2030. Ces pays représentent ensemble 80 % de la charge mondiale des décès maternels et infantiles.
« Le GFF salue le leadership et l’engagement du Bénin à faire de la santé maternelle et infantile une priorité, et se réjouit de ce partenariat visant à élargir l’accès à des services de santé et de nutrition de qualité et abordables pour les populations les plus vulnérables », a déclaré Monique Vledder, Directrice de la santé du Groupe de la Banque mondiale et Directrice du GFF. Elle a souligné que le Bénin adopte une approche intégrée reliant la nutrition et la santé des femmes, des enfants et des adolescents au développement de la petite enfance. Le GFF entend soutenir ces priorités nationales en contribuant à aligner les ressources, l’expertise et les partenariats.
170 millions de dollars de financements associés
En juin 2026, le conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale a approuvé le programme ALAFIA I : Nourrir l’avenir du Bénin, première phase d’un plan national sur dix ans consacré à l’amélioration de la santé des femmes, des enfants et des adolescents. Le GFF cofinance ce programme à hauteur de 20 millions de dollars américains, associés à 150 millions USD de l’Association internationale de développement (IDA) du Groupe de la Banque mondiale, en soutien à un programme gouvernemental de 750 millions USD.
Le Bénin affiche un taux de mortalité maternelle très élevé, avec environ 391 décès pour 100.000 naissances vivantes. La mortalité des nouveau-nés, des nourrissons et des enfants demeure également préoccupante, tandis que les taux de retard de croissance chez l’enfant restent élevés, en lien avec une nutrition insuffisante et les maladies durant les 1.000 premiers jours de vie. Le retard de croissance au Bénin est passé de 34 % des enfants de moins de 5 ans en 2014 à 36,5 % en 2022.
Mis en œuvre de 2026 à 2031, le programme ALAFIA I soutiendra l’exécution de la stratégie nationale de nutrition. Il vise à renforcer l’utilisation de services intégrés de nutrition, de santé et de développement précoce de l’enfant afin de réduire le retard de croissance infantile dans des zones ciblées du Bénin, tout en répondant aux besoins de santé plus larges des femmes, des enfants et des adolescents.
L’initiative doit contribuer à améliorer l’accès à une alimentation nutritive en mobilisant le secteur privé, en renforçant la participation communautaire et la coordination multisectorielle, ainsi qu’en consolidant la gouvernance, les systèmes de données et les capacités locales de prestation de services. Cette première phase couvrira au moins 46 des 77 communes du Bénin, en privilégiant les zones où les besoins sont les plus importants et où les freins à l’accès aux soins de santé primaires sont les plus critiques.
A propos du Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents
Le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF) est un partenariat placé sous le leadership des pays et hébergé par le Groupe de la Banque mondiale. Créé en 2015 pour mettre fin aux décès évitables de femmes, d’enfants et d’adolescents, il fournit un financement catalytique sous forme de dons et une assistance technique aux pays à revenu faible et intermédiaire.
Son objectif est de renforcer les systèmes de santé et d’améliorer la qualité et l’accès aux services de santé et de nutrition grâce à une meilleure utilisation des données, des plans priorisés, des financements alignés et des réformes politiques.
Le modèle collaboratif du GFF réunit les pays partenaires, les bailleurs bilatéraux et multilatéraux, les philanthropies, les institutions de santé mondiale, les organisations de la société civile, les organisations dirigées par la jeunesse et le secteur privé afin d’aligner leur soutien autour des priorités nationales pour la santé et la nutrition des femmes, des enfants et des adolescents.Bas du formulaire
Félicienne HOUESSOU
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