La Banque africaine de développement (BAD) renforce son action en faveur de l’autonomisation économique des femmes en Afrique avec la publication d’un manuel pratique dédié au commerce électronique. Élaboré en partenariat avec le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce guide cible spécifiquement les femmes entrepreneures désireuses de tirer parti des opportunités offertes par l’économie numérique.
Intitulé « Manuel de commerce électronique pour les femmes entrepreneures africaines », l’ouvrage est disponible gratuitement en français, en anglais et en portugais sur la plateforme 50 Million African Women Speak (50MAWS), accessible via le site www.womenconnect.org
Il a pour ambition de doter les entrepreneures des compétences clés nécessaires pour réussir leur transition vers le numérique et développer leurs activités au-delà des marchés locaux.
Le manuel couvre l’ensemble de la chaîne de valeur du e-commerce en Afrique, des fondamentaux du commerce en ligne au marketing digital, en passant par la gestion des réseaux sociaux, la création et l’animation d’une boutique en ligne, la logistique, la cybersécurité et la conformité réglementaire. Il présente également les principales plateformes africaines de vente en ligne, telles que Jumia, Takealot, EdenSouk, ANKA ou Kilimall. L’approche est résolument pratique, appuyée par des études de cas réels de femmes entrepreneures issues du Malawi, du Congo-Brazzaville, du Burkina Faso et du Nigeria, dont certaines réalisent aujourd’hui plus de 75 % de leurs ventes via des canaux numériques.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie Genre 2021-2025 et la stratégie décennale 2024-2033 de la BAD, qui font de l’autonomisation des femmes un levier central du développement inclusif et durable. Elle prolonge également un programme de renforcement des capacités ayant bénéficié à un millier de femmes entrepreneures dans 34 pays africains, grâce à une subvention du gouvernement japonais via le mécanisme PHRDG.
« Le commerce électronique offre aux femmes entrepreneures une opportunité sans précédent de transcender les frontières géographiques, de réduire les coûts opérationnels et d’accéder aux chaînes de valeur mondiales », a souligné Jemimah Micere Njuki, directrice du Département Genre, Femmes et Société civile à la BAD.
Avec un taux d’entrepreneuriat féminin estimé à 25,6 %, le plus élevé au monde, et un marché africain du e-commerce évalué à 277,1 milliards de dollars en 2023, ce manuel intervient à un moment stratégique. Il sera diffusé à grande échelle à travers les programmes d’incubation soutenus par la BAD, notamment Fashionomics Africa et le Bootcamp pour les femmes entrepreneures africaines, afin d’accompagner concrètement la montée en puissance des femmes dans l’économie numérique du continent.



