vendredi, février 27, 2026
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Euro-obligations : l’Afrique subsaharienne reprend d’assaut les marchés internationaux en 2026

Les pays d’Afrique subsaharienne ont entamé l’année 2026 avec une activité record sur les marchés des euro-obligations, le rythme le plus soutenu depuis plus de dix ans. Dans un contexte d’assouplissement des conditions financières mondiales et de regain d’appétit des investisseurs, les gouvernements régionaux cherchent à sécuriser des financements à moindre coût pour soutenir leurs programmes budgétaires et de développement.

Selon Bloomberg, les émissions d’obligations souveraines libellées en dollars dans la région ont atteint 5,95 milliards de dollars depuis le début de l’année, un niveau inédit depuis 2013 et nettement supérieur aux 1,8 milliard levés sur la même période en 2025. Des pays comme le Kenya, la Côte d’Ivoire, la République du Congo, le Cameroun et le Bénin ont déjà eu recours aux marchés internationaux, signalant la réouverture décisive du guichet des euro-obligations après près de deux ans d’accès restreint.

Le Kenya a ouvert la voie avec une émission obligataire en deux tranches totalisant 2,25 milliards de dollars, la plus importante émission africaine réalisée jusqu’à présent en 2026. Les autres pays cités ont également tiré parti de cette fenêtre d’opportunité, profitant de la baisse des coûts d’emprunt et de l’intérêt accru des investisseurs pour les actifs africains.

David Austerweil, directeur adjoint de portefeuille chez VanEck Global, a souligné qu’« une fenêtre d’opportunité » restait ouverte pour les emprunteurs africains afin d’accéder à des financements à des taux d’intérêt relativement plus bas. Cette tendance se confirme avec la prime de risque moyenne des obligations souveraines africaines par rapport aux bons du Trésor américain, qui s’est réduite à 329 points de base, son plus bas niveau depuis huit ans, selon un indice de JPMorgan Chase & Co. Le Sénégal reste le seul pays du continent à rencontrer des difficultés sur ce marché.

Certaines émissions sont déjà utilisées pour optimiser la gestion de la dette. Le Kenya et le Congo ont alloué une partie des nouvelles recettes pour racheter des obligations plus coûteuses en circulation, réduisant ainsi les charges d’intérêts et l’échéancier global. Les banques d’investissement intensifient par ailleurs leur activité, Citigroup ayant orchestré environ un quart de toutes les émissions africaines depuis le début de l’année.

La dynamique se poursuit, la République démocratique du Congo préparant sa première émission d’euro-obligations d’un montant de 750 millions de dollars, accompagnée d’une tournée de présentation aux investisseurs à Londres. Selon Austerweil, « il y a assurément de la place pour de nouvelles émissions. Les titres restent assortis d’une prime et se négocient bien sur le marché secondaire. Actuellement, émetteurs et investisseurs sont tous deux gagnants ».

Cette reprise historique illustre un regain de confiance des marchés dans la capacité des pays d’Afrique subsaharienne à lever des capitaux à des conditions plus favorables, tout en consolidant leurs stratégies de financement et de gestion de la dette publique.

Nadia SAR

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