Le 31 mars 2026 à Pretoria, une nouvelle étape a été franchie dans la modernisation des systèmes fiscaux africains. Le African Tax Administration Forum (ATAF) et l’Organisation for Economic Co-operation and Development (OCDE) ont organisé avec succès une série d’ateliers conjoints dédiés à la simplification des prix de transfert, réunissant plus de 130 participants issus de 17 pays du continent.
Ces sessions ont rassemblé des responsables fiscaux de pays africains francophones, ainsi que des experts internationaux provenant de l’ATAF, de l’OCDE, mais aussi de la Suisse et de la Zambie. L’initiative vise le renforcement des capacités techniques des administrations fiscales face à des enjeux de plus en plus complexes.
Au cœur des travaux figurait l’approche simplifiée dite « Montant B », développée dans le cadre du projet BEPS et intégrée aux lignes directrices de l’OCDE sur les prix de transfert depuis février 2024. Ce mécanisme vise à encadrer plus efficacement les activités de marketing et de distribution de base, souvent difficiles à évaluer dans les économies en développement.
Les participants ont ainsi exploré en détail les objectifs et le périmètre de cette approche, son cadre tarifaire ainsi que l’utilisation d’outils numériques comme l’outil d’automatisation des prix de l’OCDE. Ils ont également examiné la méthodologie proposée par l’ATAF pour accompagner les pays dans la rédaction de législations adaptées en matière de prix de transfert.
À travers des sessions interactives, des études de cas ancrées dans les réalités africaines et des échanges entre pairs, les ateliers ont permis d’aborder les défis persistants auxquels font face les administrations fiscales. Entre autres, le manque de ressources humaines, l’accès limité à des données comparables fiables et la complexité croissante des opérations des multinationales.
L’engouement suscité par ces ateliers témoigne d’un intérêt croissant pour des solutions simplifiées, capables de renforcer la sécurité fiscale, de réduire les litiges et d’améliorer la mobilisation des ressources nationales — un enjeu crucial pour le financement du développement en Afrique.
À l’issue de cette initiative, l’ATAF et l’OCDE ont réaffirmé leur engagement à accompagner les pays africains à travers des programmes de formation, une assistance technique ciblée et le déploiement d’outils numériques innovants. D’autres ateliers et appuis spécifiques par pays sont d’ores et déjà annoncés, en réponse à une demande croissante.
Cette dynamique s’inscrit dans un effort plus large visant à renforcer l’efficacité des systèmes fiscaux africains et à doter les États des moyens nécessaires pour mieux capter les revenus générés sur leur territoire.
Félicienne HOUESSOUAvez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com



