Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un don de 10,41 millions de dollars en faveur du Ghana afin de renforcer la gestion des finances publiques et soutenir une croissance plus inclusive et résiliente face aux défis climatiques.
Ce financement, mobilisé à travers le Fonds africain de développement, permettra de mettre en œuvre le projet « Renforcement des institutions pour une gouvernance financière et économique améliorée » (SIEFEG). L’initiative vise notamment à améliorer la mobilisation des ressources internes, renforcer le contrôle des dépenses publiques et préparer le prochain plan national de développement du pays, avec un accent particulier sur l’égalité des genres et la résilience climatique.
Ces appuis interviennent dans un contexte économique relativement favorable. Le Ghana a enregistré une croissance du PIB de 5,8 % en 2025, contre 5,6 % en 2024, soutenue par une meilleure gestion macroéconomique. L’inflation a reculé à 3,3 % en février 2026, sous la fourchette cible, tandis que le déficit budgétaire a été réduit à 2,4 % du PIB, contre 6,3 % deux ans plus tôt. La dette publique a également diminué, passant de 61,8 % à 45,3 % du PIB, et l’excédent du compte courant s’est renforcé à 4,4 % du PIB.
Cependant, ces performances macroéconomiques masquent des disparités persistantes. Le chômage et les inégalités continuent de peser sur une partie importante de la population, soulignant la nécessité de réformes structurelles profondes. Le projet SIEFEG ambitionne ainsi de renforcer les capacités d’institutions clés telles que le ministère des Finances, la Commission nationale de planification du développement, le Service d’audit, l’Autorité des marchés publics, le Parlement et les organes de contrôle, afin d’améliorer la planification, la gestion et l’utilisation des ressources publiques.
Pour Lamin Barrow, directeur général pour l’Afrique de l’Ouest de la Banque, cet investissement est stratégique : il permettra de bâtir une économie plus transparente, responsable et résiliente. Il s’inscrit dans la continuité d’un programme similaire approuvé en 2019, témoignant d’un engagement durable en faveur du renforcement institutionnel du pays.
Au-delà des administrations publiques, les retombées attendues concernent l’ensemble de l’économie. Une meilleure gouvernance financière devrait offrir au gouvernement une plus grande marge de manœuvre budgétaire, améliorer le ciblage des dépenses et favoriser un environnement propice au développement du secteur privé et à la création d’emplois.
Aligné sur les grandes orientations nationales, notamment la vision à long terme « Vision 2057 » et le programme « Agenda for Jobs », ainsi que sur les stratégies de la Banque pour la période 2024-2029, ce projet illustre la volonté commune de consolider les acquis économiques tout en rendant la croissance plus équitable et durable.
Elom LOKONON
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