Une nouvelle dynamique est en marche pour lutter contre les maladies du sang en Afrique de l’Ouest. Un ambitieux projet vient d’être lancé en partenariat avec la Novo Nordisk Haemophilia and Haemoglobinopathies Foundation (NNHF) et l’ONG International Hemophilia and other bleeding disorders support organization. Cette coalition réunit six pays de la région : le Sénégal, le Bénin, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.
Ensemble, ces six pays ambitionnent de renforcer leurs systèmes de santé grâce à une meilleure coordination des actions, des outils de formation harmonisés et la mise en place d’une plateforme de collaboration régionale. Le double objectif étant de mutualiser les ressources disponibles et favoriser l’innovation dans les soins, tout en améliorant l’accès au diagnostic et aux traitements pour les patients atteints d’hémophilie et de drépanocytose, deux pathologies encore largement sous-diagnostiquées dans la région.
Représentant la NNHF, Célia Rohrer a insisté sur l’urgence d’agir face aux inégalités persistantes en matière d’accès aux soins. Elle a rappelé que plus de 10 millions de personnes dans le monde vivent avec des troubles de la coagulation et des hémoglobinopathies, dont la drépanocytose. Parmi les principaux défis figurent les diagnostics tardifs, le manque de personnel qualifié, l’insuffisance d’équipements techniques et le déficit de données fiables. L’ambition affichée est d’accompagner les pays vers des systèmes de santé plus autonomes, durables et résilients.
Pour Koffi N’Dri, président de l’Organisation ivoirienne des patients hémophiles, cette initiative marque un tournant décisif. Il a souligné l’impact considérable de ces maladies sur la vie des patients, souvent des enfants, ainsi que sur leurs familles. Il s’est également félicité de la mise en place d’un cadre de collaboration réunissant États, professionnels de santé et partenaires techniques et financiers, avec pour priorité le dépistage précoce, l’accès aux traitements et la sensibilisation des populations.
Représentant le ministre de la Santé, le directeur général de la Santé en Côte d’Ivoire, le professeur Samba Mamadou, a réaffirmé l’engagement des autorités à intégrer pleinement ces pathologies dans le système de santé national. L’objectif est de sortir d’une prise en charge marginale pour inscrire durablement l’hémophilie et la drépanocytose dans les politiques publiques de santé.
Il a également plaidé pour un renforcement de la coopération régionale, notamment à travers l’harmonisation des protocoles de soins, la mutualisation des achats de médicaments et le partage des ressources. Au-delà des aspects techniques, il a insisté sur la nécessité de lutter contre l’isolement des patients, encore trop souvent marginalisés.
Ce projet régional incarne ainsi une réponse collective à un enjeu majeur de santé publique en Afrique de l’Ouest. En misant sur la coopération, l’innovation et l’inclusion, les pays participants espèrent transformer durablement la prise en charge de ces maladies et offrir de meilleures perspectives aux patients et à leurs familles.
Elom LOKONON
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