Le Bénin s’apprête à enchaîner une troisième année consécutive de forte expansion. Après une croissance estimée à 7,5 % en 2025 — comme en 2024 — l’économie béninoise devrait maintenir le même rythme en 2026, selon le Rapport économique et financier 2025 de la Direction générale de l’économie (DGE). Une performance remarquable qui s’inscrit dans la continuité du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2021-2026 et du Plan national de développement.
L’année 2025 aura été celle de la résilience confirmée. Selon le Rapport Économique et Financier de la Direction Générale de l’Économie, l’activité a fait preuve d’une vigueur remarquable dès le premier semestre, avec une accélération de la croissance passant de 7,4 % au premier trimestre à 7,6 % au deuxième. Cette performance devrait porter le taux de croissance annuel à 7,5 % pour l’ensemble de l’année 2025, un niveau identique à celui de 2024.
Sur le plan budgétaire, les signaux sont également favorables. Les recettes ont progressé de 12,9 % au premier semestre 2025, atteignant 1 192,2 milliards FCFA à fin juin, soit un taux de réalisation de 50,4 % des prévisions annuelles. Les dépenses ont augmenté à un rythme plus modéré (+6,9 %), pour s’établir à 1 512,8 milliards FCFA, représentant 54,4 % des crédits votés. Cette trajectoire traduit un effort de mobilisation des ressources et un encadrement maîtrisé de la dépense publique.
L’inflation, quant à elle, est restée contenue à 1,3 %, légèrement au-dessus de 1,2 % en 2024, mais largement en deçà du seuil communautaire de 3 % fixé par l’UEMOA. La bonne tenue des productions vivrières a contribué à stabiliser les prix, confirmant la résilience de l’offre agricole. C’est sur ce socle de stabilité que le gouvernement bâtit désormais ses ambitions pour 2026.
Vers de nouveaux sommets portés par l’énergie et l’industrie
Grâce à une transformation structurelle audacieuse et une discipline budgétaire rigoureuse, le Bénin entend consolider son statut de locomotive économique au sein de l’UEMOA. Pour l’année 2026, le mot d’ordre sera la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2021-2026). Les prévisions de la DGE annoncent un maintien de la croissance à 7,5 %, réalisée dans un environnement non inflationniste, avec un taux d’inflation projeté à 2,0 %, bien en deçà de la norme communautaire de 3,0 %.
Les finances publiques devraient poursuivre leur consolidation. Les recettes budgétaires, dons compris, sont attendues à 2 646 milliards FCFA en 2026, en hausse de 11,8 % par rapport au budget initial 2025. Les dépenses s’établiraient à 3 065,1 milliards FCFA (+10,3 %). Le déficit budgétaire serait ainsi contenu à 419,2 milliards FCFA, soit 2,7 % du PIB, contre 2,9 % en 2025. Cette trajectoire confirme l’ancrage du Bénin dans une logique de discipline budgétaire compatible avec les engagements communautaires.
L’industrie et l’énergie : Les nouveaux poumons de la croissance
Le secteur secondaire s’annonce comme le principal moteur de cette accélération. L’ambition est de remonter la chaîne de valeur par la transformation locale des matières premières. Le développement des zones industrielles et la montée en régime des usines déjà installées transformeront durablement le paysage économique.
Si 2026 marque un tournant, c’est avant tout parce que le Bénin s’apprête à changer radicalement les règles du jeu. L’ambition de l’indépendance énergétique ne se lit plus seulement dans les discours, mais sur le terrain, à travers le déploiement d’un maillage solaire sans précédent. Le coup d’envoi de cette révolution est donné par l’extension de la centrale DEFISOL, dont la capacité grimpe à 50 MW, symbolisant la montée en puissance des infrastructures existantes. Mais la stratégie ne s’arrête pas là. Elle s’étend désormais aux terres du Nord et de l’Est. À Pobè Illoulofin, Kandi et Bembèrèkè, trois nouveaux sites sortent de terre, apportant chacun 25 MWc supplémentaires au réseau national.
Cette conquête du soleil se parachève par une maille territoriale serrée. En effet, un réseau de quatre centrales, totalisant 50 MW, vient irriguer les pôles stratégiques de Bohicon, Parakou, Djougou et Natitingou. En connectant ces villes au futur, le pays ne se contente plus de produire de l’électricité ; il dessine les contours d’une nation souveraine, où l’énergie devient le moteur durable de chaque région.
Agriculture et services comme piliers
Le secteur primaire continue d’innover. La filière coton devrait atteindre une production record de 780 000 tonnes (+16,3 %), portée par une mécanisation agricole intensive et le soutien aux grands exploitants.
Le secteur tertiaire ne sera pas en reste. Il sera stimulé par la modernisation du Port Autonome de Cotonou et une promotion agressive du tourisme. Les investissements en cours devraient stimuler le trafic et les activités de transport, services financiers et télécommunications.
L’approfondissement du libre-échange avec le Nigéria et la mise en place de chaînes de valeur régionales offrent une perspective géopolitique majeure. En 2026, le Bénin ne se contentera pas de produire ; il s’apprête à devenir le hub incontournable d’une Afrique de l’Ouest en pleine mutation.
En toile de fond, le gouvernement maintient un accent fort sur l’inclusion sociale. A travers l’extension du programme ARCH, les cantines scolaires, le microcrédit pour les femmes, l’accès à l’eau potable et la gratuité ciblée de l’éducation les défis liés au capital humain seront relevés.
En 2026, le Bénin entend donc conjuguer expansion soutenue, stabilité des prix et discipline budgétaire, tout en accélérant sa transformation productive.
Félicienne HOUESSOU
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