Le Nigéria franchit un cap dans la lutte contre la pêche illicite en acceptant de servir de pays pilote pour la mise en œuvre officielle du Registre régional des navires de pêche autorisés en Afrique de l’Ouest. Abuja entend ainsi transformer son leadership au sein du Comité des pêches du centre-ouest du golfe de Guinée (FCWC) en actions concrètes pour renforcer la gouvernance maritime dans le golfe de Guinée.
L’annonce a été faite à Abuja par le ministre nigérian de la Marine et de l’Économie bleue, Adegboyega Oyetola, également président de la Conférence des ministres du FCWC, lors d’une réunion de haut niveau avec le secrétariat de l’organisation. Selon lui, accueillir la phase pilote du registre traduit la volonté du Nigéria de produire des résultats tangibles en matière de gestion durable des pêches.
Le futur registre constituera une base de données régionale vérifiée recensant les navires industriels nationaux et étrangers, autorisés à opérer dans les zones maritimes des États membres. L’objectif est de renforcer la transparence, la redevabilité et la coopération transfrontalière dans une région durement affectée par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).
L’initiative s’appuie sur la feuille de route validée par les États membres et réaffirmée dans la Déclaration de Monrovia. La phase pilote doit permettre de tester la faisabilité technique du dispositif, d’identifier les failles opérationnelles et de préparer un déploiement élargi à l’échelle régionale.
Le ministre a également mis en avant les patrouilles conjointes et les actions de contrôle menées dans le cadre du Programme pour un océan durable en Afrique de l’Ouest, conduit par le FCWC avec l’appui de l’Agence européenne de contrôle des pêches. Parallèlement, le Nigéria révise son Plan d’action national contre la pêche illégale, à la suite du transfert de la supervision des pêches au ministère fédéral de la Marine et de l’Économie bleue.
Basé à Tema, au Ghana, le FCWC regroupe six États – Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Libéria, Nigéria et Togo – et œuvre depuis 2007 à l’harmonisation des politiques halieutiques, au renforcement du suivi maritime et au développement d’une économie bleue durable dans la sous-région.
Elom LOKONON
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