Les échanges agroalimentaires entre les États-Unis et les pays africains ont connu une progression spectaculaire en 2025. Selon un rapport du Département américain de l’Agriculture, leur valeur a atteint 11,57 milliards de dollars, contre 7,47 milliards en 2024, soit une hausse d’environ 55 % en un an et un niveau inédit sur les cinq dernières années.
Cette dynamique traduit un regain d’activité dans les deux sens. Du côté africain, les exportations vers les États-Unis ont atteint 5,85 milliards de dollars en 2025, en progression de 48 % par rapport à l’année précédente. Cette hausse s’explique notamment par l’évolution des volumes et des prix de matières premières clés comme le cacao, le café, l’anacarde ou les épices, dont les marchés restent très volatils.
La structure de ces exportations demeure dominée par l’Afrique subsaharienne, avec des pays comme la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, le Ghana, Madagascar ou le Kenya en tête. Ces performances sont en partie liées à l’African Growth and Opportunity Act, qui permet à plusieurs pays africains d’exporter vers le marché américain sans droits de douane. En 2025, près de 80 % des importations américaines en provenance d’Afrique, soit 4,66 milliards de dollars, ont concerné cette région.
Dans l’autre sens, les exportations agroalimentaires américaines vers l’Afrique ont également fortement progressé, atteignant 5,71 milliards de dollars, soit une hausse de 61 % par rapport à 2024. L’Afrique du Nord, tirée par l’Égypte, concentre 61 % de ces importations, tandis que l’Afrique subsaharienne, portée notamment par le Nigeria, en représente 39 %.
Les produits américains les plus demandés incluent le soja, le blé, les aliments pour bétail et les produits halieutiques. Cette percée s’inscrit dans une stratégie plus large de Washington pour renforcer sa présence commerciale sur le continent. Plusieurs initiatives ont été menées en ce sens, comme la mission organisée à Accra par l’U.S. Meat Export Federation en avril 2025, qui a réuni une cinquantaine d’entreprises africaines et des exportateurs américains.
Selon l’USDA, cette rencontre pourrait déboucher sur des ventes additionnelles de viande américaine estimées entre 6 et 8 millions de dollars dans l’année suivante. D’autres actions, comme une conférence à Lagos organisée par le U.S. Soybean Export Council ou une mission commerciale au Maroc, illustrent également cette offensive commerciale.
Dans un contexte de compétition accrue sur les marchés agricoles mondiaux, la montée en puissance des échanges entre les États-Unis et l’Afrique confirme l’importance stratégique du continent dans les chaînes d’approvisionnement alimentaires.
Elom LOKONON
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