AccueilActualitésInformation judiciaire au Bénin : l’UPMB et la CRIET renforcent le dialogue

Information judiciaire au Bénin : l’UPMB et la CRIET renforcent le dialogue

La couverture des affaires économiques et terroristes devient un enjeu croissant pour les médias béninois, confrontés à la nécessité de concilier rapidité de l’information, rigueur journalistique et exigences de la procédure judiciaire. C’est dans ce contexte qu’une délégation de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB) a été reçue ce mercredi 19 août 2026 par le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Conduite par le président de l’UPMB, Hervé Prudence Hessou, la délégation a exposé les difficultés rencontrées par les journalistes dans le traitement des dossiers judiciaires, notamment ceux à forte sensibilité économique ou liés au terrorisme.

Au-delà des préoccupations professionnelles, la rencontre met en évidence l’amélioration de la circulation de l’information judiciaire tout en préservant les exigences de procédure, la présomption d’innocence et la crédibilité des médias.

Les dossiers traités par la CRIET peuvent mettre en jeu des intérêts financiers importants, des personnalités publiques et des procédures sensibles. Leur couverture impose donc aux journalistes une connaissance précise des mécanismes judiciaires et des règles encadrant la diffusion de l’information.

Pour l’UPMB, une meilleure compréhension des différentes étapes d’une procédure doit permettre de limiter les erreurs d’interprétation et les approximations, particulièrement préjudiciables dans les affaires économiques et de terrorisme.

L’enjeu est également de maintenir l’équilibre entre le droit du public à l’information et les impératifs de bon fonctionnement de la justice.

Information judiciaire au Bénin : l’UPMB et la CRIET renforcent le dialogue

Formation et maîtrise du cadre juridique

La délégation a notamment abordé les dispositions du Code de l’information et de la communication ainsi que celles du Code du numérique, deux cadres essentiels pour les professionnels appelés à traiter des informations judiciaires dans un environnement où la publication et le partage des contenus se sont considérablement accélérés.

Le procureur spécial a, de son côté, assuré les représentants de l’UPMB de sa disponibilité pour contribuer au renforcement des capacités des journalistes sur les questions relevant de la compétence de la CRIET.

Pour l’organisation professionnelle, cette ouverture peut constituer un levier important pour améliorer la qualité des reportages judiciaires et renforcer la crédibilité des médias auprès du public.

La question dépasse toutefois les seules relations entre journalistes et magistrats. L’accélération de la circulation des contenus sur les réseaux sociaux accroît le risque de propagation d’informations inexactes ou sorties de leur contexte, notamment lors des procès et des enquêtes sensibles.

Dans ce paysage, les médias professionnels doivent pouvoir se différencier par la vérification des faits, la contextualisation et la maîtrise des procédures. Une information judiciaire fiable devient ainsi un actif essentiel pour la confiance du public dans les institutions.

L’UPMB entend poursuivre ses initiatives de sensibilisation et de formation afin d’accompagner les journalistes dans cette spécialisation.

L’audience a également permis de rappeler les responsabilités respectives des deux secteurs. Les médias doivent informer avec rigueur, tandis que la justice agit dans le respect des procédures qui encadrent son fonctionnement.

La délégation de l’UPMB était composée notamment de son secrétaire général Benoît Houandja, du secrétaire à la formation et à la spécialisation Roger Avocevou, du secrétaire aux relations publiques chargé des TIC et de l’innovation dans les médias Yves Patrick Loko, ainsi que de plusieurs autres responsables de l’organisation.

La rencontre entre l’UPMB et le parquet spécial de la CRIET ouvre ainsi la voie à une coopération davantage axée sur la formation et la compréhension mutuelle. Dans un environnement où les affaires économiques et judiciaires occupent une place croissante dans le débat public, la qualité de l’information devient elle-même un enjeu de confiance institutionnelle.

Elom AFFAMA

Avez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com

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