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Dette : l’He Henri Josée Gbogouda appelle les parlementaires africains à renforcer le contrôle des ressources publiques

Au terme de la sixième Conférence africaine sur la dette et le développement (AFCoDD VI) qui s’est tenue à Nairobi, l’He Henri Josée Gbogouda, député de la République centrafricaine, revient sur la pression de la dette dans son pays, la mobilisation des recettes intérieures et les mécanismes de lutte contre la corruption et les flux financiers illicites. Il appelle également les parlementaires africains à renforcer le contrôle des ressources publiques et à peser davantage sur la transformation du système financier international.

Réunis à Nairobi du 25 au 29 août 2026 à l’occasion de l’AFCoDD VI, parlementaires, experts, organisations de la société civile et acteurs du développement ont placé la dette publique au centre des débats sur l’avenir économique du continent. Organisée dans un contexte marqué par l’alourdissement du service de la dette, la contraction des marges budgétaires et les interrogations croissantes sur la soutenabilité des financements, la conférence a ouvert un espace de réflexion sur les réponses africaines à la crise de l’endettement.

Au fil des échanges, un constat s’est imposé : au-delà du volume des emprunts, la question porte désormais sur leur utilisation, leur gouvernance et leur capacité à financer une transformation durable des économies africaines. La mobilisation des ressources intérieures, la transparence dans la gestion des finances publiques, la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites, ainsi que le renforcement du contrôle parlementaire ont constitué des axes majeurs des discussions.

C’est dans ce cadre qu’Henri Josée Gbogouda, député de la République centrafricaine, a accepté de revenir sur la situation de son pays et sur les mécanismes mis en place pour mieux encadrer la dette et les ressources publiques. Il évoque également le rôle que les parlementaires africains entendent jouer pour renforcer la redevabilité et permettre au continent de défendre davantage ses intérêts dans l’architecture financière internationale.

Africa3info : Concrètement, quelle est aujourd’hui la situation de la dette en République centrafricaine et quels en sont les principaux enjeux pour les finances publiques ?

He Henri Josée Gbogouda : Oui, la situation en République centrafricaine est vraiment dramatique car le ministre des Finances a annoncé qu’en fin de l’année 2025, la RCA a connu une dette de 10 080 milliards de dollars, soit 58,67% de tout ce que le pays produit en un an. Pour l’heure, l’urgence est de mieux maîtriser la dette, renforcer les recettes intérieures et garantir que chaque emprunt finance des investissements productifs. La dette doit être un outil de développement et non un fardeau pour les générations futures.

La corruption et les flux illicites sont un aspect de la mauvaise gestion qui aggrave la crise de la dette. Quelles sont alors les dispositions prises par votre pays pour lutter efficacement contre ces phénomènes ?

La RCA a mis en place plusieurs mécanismes de la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites. Nous avons, par exemple, la création de l’ANIF (Agence Nationale d’Investigation Financière), le renforcement des contrôles des finances publiques, la digitalisation et la réforme des marchés publics. Tout ceci, c’est pour garantir la transparence, sanctionner les détournements et mieux protéger les ressources publiques.

Quelles sont les mesures mises en place pour instaurer une collaboration étroite entre les parlementaires et l’exécutif, autour des questions de redevabilité et de transparence ?

Il est important d’avoir un dialogue permanent entre les parlementaires et le gouvernement. Cela passe par des auditions régulières, la suivie des recommandations pour une l’effectivité de la transparence, la redevabilité et la réédition des comptes. En un mot, pour mieux contrôler l’utilisation des ressources publiques. En bref, il y a une bonne relation d’échange et de dialogue entre le gouvernement qui envoie des projets de loi et les parlementaires qui valident à travers le vote. Si une loi est promulguée par le gouvernement, nous les parlementaires, nous devons veillée à la suivie et s’il y a des erreurs, il faut qu’on auditionne les ministres en question pour en savoir plus.

Au plan régional, des idées convergent pour dire que l’Afrique est suffisamment aguerrie et doit passer à l’action. Comment est-ce que les parlementaires africains participent à cette position commune de l’Afrique ?

Les parlementaires africains ont un rôle essentiel à jouer. Nous devons être les gardiens de la transparence pour la souveraineté financière de l’Afrique. Nous devons aussi prendre des engagements politiques en termes de législation, de contrôle et d’actions concrètes. C’est le rôle que nous les parlementaires du continent africain, nous devons jouer auprès de nos gouvernements. L’Afrique ne doit plus seulement subir des règles du système financier international. Elle doit participer à leur transformation et défendre ses intérêts.

Félicienne HOUESSOU

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