Le parlement du régime militaire du Burkina Faso a franchi une étape majeure en adoptant lundi la loi dissolvant officiellement tous les partis politiques, déjà suspendus depuis le coup d’État de septembre 2022. L’Assemblée législative de transition (ALT) a ainsi abrogé les textes régissant les partis, leur financement et le statut de l’opposition politique, consolidant le contrôle exclusif de la junte sur l’espace politique.
Le gouvernement justifie cette décision par la volonté de promouvoir « l’unité nationale », estimant que la multiplication des partis a favorisé des divisions et fragilisé le tissu social. Le régime du capitaine Ibrahim Traoré, qui se dit souverainiste et anti-impérialiste, assume ouvertement de ne pas être une démocratie, affirmant sa rupture avec les puissances occidentales, notamment la France.
La communauté internationale s’inquiète de cette évolution. Début février, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé Ouagadougou à revenir sur sa décision et rappelé que « l’expression pluraliste des partis et organisations politiques est essentielle à une paix et une cohésion sociale durables ».
Depuis le coup d’État, le Burkina Faso vit sous un régime militaire renforçant la répression des voix dissidentes. Cette dissolution légale marque une nouvelle étape dans le contrôle total du pouvoir par la junte, cinq ans après l’adoption d’une charte garantissant au capitaine Traoré la prolongation de son mandat à la tête du pays.
Elom LOKONON
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