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Congrès ATAF/ATRN : la 11e édition s’achève sur un plaidoyer pour une recherche fiscale au service de l’action

Le 11e Congrès annuel de l’ATAF/ATRN, tenu du 22 au 24 septembre 2026 à Kigali, s’est achevé sur un appel à rapprocher la recherche fiscale des réalités des administrations africaines. Pendant trois jours, chercheurs, responsables fiscaux et acteurs institutionnels ont placé les données, les capacités et la production de connaissances au cœur des réformes de mobilisation des ressources domestiques.

À la clôture du congrès, Emeka Nwankwo, responsable de la fiscalité et de l’amélioration des capacités de l’ATAF, a résumé les principaux axes de réflexion autour des forces qui transforment la fiscalité africaine. Les échanges ont notamment porté sur le développement, les évolutions de la fiscalité internationale, les systèmes de développement et l’importance de la mobilisation des ressources domestiques. Les participants ont également examiné les capacités et les institutions nécessaires pour produire des résultats durables. Les discussions ont abordé l’utilisation de l’impôt, son coût, les droits financiers, l’intégration ainsi que la nécessité de construire des systèmes fiscaux efficaces, responsables et capables d’inspirer la confiance des contribuables et des autorités.

Le congrès a surtout mis l’accent sur l’écosystème de connaissances indispensable à ces transformations. Plateformes de connaissances, fiscalité sensible au genre et recherche fiscale africaine ont figuré au cœur des échanges. Pour Emeka Nwankwo, le principal message de ce congrès est que la politique fiscale africaine ne peut reposer sur les seules orientations politiques. Elle doit s’appuyer sur des données probantes, des études, des institutions solides capables de transformer les connaissances en décisions et une coopération renforcée entre pays et territoires. « Cette conversation ne s’arrête pas ici », a-t-il souligné, considérant le congrès comme le premier acte d’une discussion appelée à se poursuivre.

La présidente du conseil consultatif de l’ATRN, la professeure Annet Oguttu, a pour sa part, indiqué que le réseau travaillait désormais à la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie pour la période 2026-2030. Celle-ci doit notamment fournir une direction stratégique, garantir la durabilité financière et développer le programme d’incubateur et de mentorat.

Le commissaire général de l’Autorité des recettes du Rwanda, Ronald Niwenshuti, a insisté sur la nécessité de sortir la recherche du cercle académique. Selon lui, celle-ci doit répondre aux questions auxquelles les administrations fiscales et les décideurs sont confrontés au quotidien. <<Les économies africaines présentent des structures, des institutions, des secteurs informels, des réalités démographiques et des niveaux de développement différents>>, Ronald Niwenshuti plaide ainsi pour une recherche fondée sur les données, les institutions et l’histoire africaines.

Les travaux présentés à Kigali montrent, selon lui, que le continent dispose déjà d’une expérience considérable. Le défi consiste désormais à créer les mécanismes permettant de connecter les institutions, faciliter l’accès aux données, accompagner les chercheurs émergents et faire en sorte que leurs travaux alimentent effectivement les politiques fiscales et les décisions administratives.

Les chercheurs récompensés

La clôture du 11e Congrès a également été marquée par la remise des prix récompensant plusieurs travaux de recherche. Le prix du meilleur article, toutes catégories, a été attribué à Dr Sha’awa Mohammed, Dr Alhasan Usman et Bilkisu Inuwa Jibril, du Nigeria, pour leur article « Le genre du leadership a-t-il de l’importance ? Le rôle des femmes dirigeantes dans l’élaboration de la politique fiscale ».

Le prix du meilleur chercheur émergent revient à Hannah Moreno et Pacifique Ngabo, du Rwanda, pour « L’impact de la réglementation sur les prix de transfert sur la fiscalité et l’investissement des multinationales : le cas du Rwanda ».

Le prix de la recherche la plus innovante a été décerné à Dr Gift Mupunga pour son article consacré à la « Fiscalité des cryptomonnaies : modèles réglementaires comparatifs et options politiques pour le Zimbabwe ».

Le réseau ATAF Women in Tax (AWITN) a également distingué Mary Ruhara, lauréate toutes catégories, pour son essai « Le contribuable invisible : formalisation des femmes dans l’économie informelle en Tanzanie ». En deuxième position, en l’absence de la lauréate, Sabryna Okitawetshi a été distinguée pour « La dimension de genre de la TVA en RDC ».

Kigali, Félicienne HOUESSOU

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