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Croissance : Le Bénin au 1er rang des économies les plus dynamiques de l’UEMOA

La croissance économique du Bénin devrait atteindre 7 % en 2026, selon le dernier rapport Global Economic Prospects de la Banque mondiale publié le mardi 13 janvier 2026. Bien qu’en léger retrait par rapport aux 7,3 % estimés pour 2025, cette performance placerait le pays au premier rang des économies les plus dynamiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Elle s’inscrit dans la continuité d’une trajectoire de forte expansion, soutenue par une activité économique globalement résiliente.

Ces dernières années, le Bénin a affiché des niveaux de croissance remarquables. Malgré un environnement mondial incertain et des relations commerciales parfois instables avec certains pays voisins, la Banque mondiale anticipe une croissance moyenne de 7,1 % sur la période 2025-2027. Au niveau de l’UEMOA, la croissance économique est également attendue à un niveau soutenu, bien qu’en léger ralentissement. Elle devrait atteindre 5,8 % en 2026, contre 6,1 % prévue en 2025. Derrière le Bénin, le Niger afficherait la deuxième plus forte croissance de la zone avec 6,7 %, suivi de la Côte d’Ivoire à 6,4 %. Le Togo (5,4 %), la Guinée-Bissau (5,2 %), le Mali (5 %), le Burkina Faso (4,9 %) et le Sénégal (4,1 %) complètent le classement. Une évolution notable, alors que dans son rapport de juin, la Banque mondiale présentait encore le Sénégal comme l’économie la plus dynamique de l’Union.

Ces prévisions s’inscrivent dans un contexte de forte activité économique régionale. Selon la note de conjoncture économique de décembre 2025 de la BCEAO, la croissance dans l’UEMOA devrait atteindre 6,9 % au quatrième trimestre 2025, contre 6,6 % le trimestre précédent, portée par le dynamisme des activités commerciales et des services, ainsi que par une bonne campagne agricole. L’inflation, quant à elle, poursuivrait sa décrue pour s’établir à -0,2 % en décembre 2025, sous l’effet de la baisse des prix mondiaux des denrées alimentaires et d’un bon approvisionnement des marchés en produits céréaliers.

Cette dynamique reste toutefois contrastée. Certains États membres ont été confrontés en 2025 à des chocs socio-politiques et économiques, tels que le coup d’État en Guinée-Bissau ou encore la pénurie de carburant au Mali, liée au blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Ces événements ont conduit le FMI à revoir à la baisse certaines prévisions de croissance. Le Sénégal, de son côté, fait face à une dette publique réelle pouvant atteindre 132 % du PIB, alimentée par une dette cachée estimée à 16 % du PIB. Fitch Ratings avertit que cette situation représente un risque pour les réserves de change de l’UEMOA, même si le marché régional de la dette continue, pour l’heure, de fonctionner sans perturbations majeures.

Au Nigeria, la croissance économique devrait se renforcer à 4,4 %

Au-delà de l’UEMOA, la Banque mondiale s’est également penchée sur les perspectives des grandes économies africaines. Au Nigeria, la croissance économique devrait se renforcer pour atteindre 4,4 % en 2026 et 2027, contre 4,2 % en 2025. Cette amélioration serait tirée par l’expansion continue du secteur des services, notamment la finance et les technologies de l’information et de la communication, ainsi que par une reprise de la production agricole et une progression modérée des industries non pétrolières. Les réformes économiques en cours, en particulier fiscales, combinées au maintien d’une politique monétaire prudente, devraient soutenir l’activité, renforcer la confiance des investisseurs et contribuer à contenir l’inflation.

La hausse de la production pétrolière nigériane devrait par ailleurs compenser la faiblesse des prix mondiaux du brut, stimulant les recettes fiscales et améliorant la balance extérieure. La Banque mondiale souligne que le Nigeria a été, en 2025, l’une des principales économies d’Afrique subsaharienne où la croissance s’est raffermie, contrastant avec un ralentissement observé en Éthiopie et une reprise plus modeste en Afrique du Sud. Elle met toutefois en garde contre les faiblesses institutionnelles persistantes, qui ont par le passé limité l’efficacité des règles fiscales mises en place pour réduire la dépendance aux revenus pétroliers.

Accélération de la croissance subsaharienne

À l’échelle de l’Afrique subsaharienne, la Banque mondiale prévoit une accélération de la croissance à environ 4,0 % en 2025, avant un raffermissement à 4,3 % en 2026 et 4,5 % en 2027, soutenu par la hausse des investissements et des exportations. Cette amélioration reste néanmoins conditionnée à un environnement extérieur stable et à des progrès significatifs en matière de sécurité dans plusieurs pays fragiles. L’institution rappelle enfin que, malgré des perspectives plus favorables, la croissance demeure insuffisante dans de nombreuses économies pour créer assez d’emplois, augmenter sensiblement les revenus réels et réduire durablement l’extrême pauvreté, d’autant que les coûts élevés du service de la dette continuent de peser sur les marges budgétaires.

Félicienne HOUESSOU

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