mercredi, février 18, 2026
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Commerce : Washington en passe de ressusciter l’AGOA pour contrer l’influence chinoise

Après une expiration brutale en octobre dernier, le pacte commercial historique entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne est sur le point d’être reconduit. Un virage pragmatique du Congrès visant à freiner l’avancée de la Chine et de la Russie sur le continent.

Le suspense prend fin pour les exportateurs africains. La Chambre des représentants américaine a approuvé, lundi 12 janvier, la prorogation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 décembre 2028. Adopté à une large majorité (340 voix), le texte doit désormais être validé par le Sénat pour rétablir l’accès en franchise de droits de douane pour des milliers de produits africains.

Le projet de loi prévoit une disposition cruciale : le remboursement des droits de douane acquittés par les pays éligibles pour les marchandises entrées sur le sol américain entre le 1er octobre 2025 (date d’expiration du précédent cycle) et l’entrée en vigueur effective du nouveau texte. Toutefois, une ombre plane sur ce tableau : si le texte lève les barrières classiques, il ne protège pas contre les taxes spécifiques décidées unilatéralement par l’administration Trump.

L’incertitude demeure quant au maintien de l’Afrique du Sud parmi les bénéficiaires. Les relations entre Pretoria et l’administration Trump sont au plus bas. Washington accuse la nation arc-en-ciel de persécuter les citoyens blancs et fustige sa proximité militaire avec la Chine, la Russie et l’Iran, illustrée par de récentes manœuvres navales communes.

L’AGOA : une arme de sécurité nationale

Pour les législateurs américains, l’enjeu dépasse le simple cadre commercial. Le texte stipule explicitement que l’AGOA est un outil de « sécurité économique et nationale à long terme ». Alors que l’Afrique détient 30 % des ressources mondiales en minerais critiques, Washington craint que la Chine, qui a déjà investi près de 10 milliards de dollars dans ces chaînes d’approvisionnement, ne monopolise le secteur.

« Une interruption prolongée de l’AGOA créerait un vide que des acteurs malveillants comme la Chine et la Russie chercheront à combler », précise le document.

Cette reconduction intervient dans un contexte de concurrence acharnée : Pékin a récemment supprimé tous les droits de douane pour 53 pays africains, répondant ainsi aux hausses tarifaires imposées l’an dernier par Donald Trump. Pour les États-Unis, il s’agit désormais d’utiliser l’AGOA comme un levier pour pousser les pays africains à s’aligner sur leurs intérêts stratégiques.

Dossou AFFAMA

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