Réunis en marge du Forum régional africain pour le développement durable (ARFSD-12), les principaux groupes et parties prenantes ont lancé un appel pressant à une action immédiate pour lever les obstacles structurels qui freinent la transformation du continent. Société civile, secteur privé, universitaires et centres de recherche ont dressé un constat convergent : malgré des avancées, les progrès vers les objectifs du Programme 2030 et de l’Agenda 2063 restent inégaux et insuffisants.
Au cœur des échanges, plusieurs contraintes majeures ont été identifiées, notamment la vulnérabilité croissante à la dette, la diminution de l’aide publique au développement, les insuffisances des systèmes de données, ainsi que les faiblesses en matière de gouvernance et de redevabilité. À cela s’ajoute un rétrécissement de l’espace civique, limitant l’implication effective des acteurs non étatiques dans les processus de développement.
Les participants ont insisté sur la nécessité d’adopter des approches centrées sur les populations, en mettant un accent particulier sur les groupes les plus vulnérables tels que les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap et les communautés marginalisées. Ils ont plaidé pour des politiques publiques plus inclusives, appuyées par des systèmes de données désagrégées et une budgétisation sensible au genre, afin de mieux aligner les engagements nationaux sur leur mise en œuvre à l’échelle locale.
Un autre axe fort des discussions a porté sur le rôle des initiatives locales et communautaires dans l’accélération du développement. Les parties prenantes ont souligné leur contribution essentielle à travers des solutions co-construites, tout en appelant à un meilleur accès au financement pour ces initiatives, notamment celles portées par les jeunes. L’amélioration de l’interface entre recherche, politiques publiques et société a également été identifiée comme un levier stratégique.
Par ailleurs, les échanges ont mis en lumière l’importance de valoriser les savoirs endogènes en complément des approches scientifiques, tout en veillant à ce que la transformation numérique et l’intelligence artificielle soient mises au service de l’inclusion et de la productivité, sans accentuer les inégalités existantes ni compromettre les droits des travailleurs.
Sur le plan macroéconomique, les participants ont souligné l’urgence de repenser les mécanismes de financement du développement, en mettant l’accent sur la restructuration de la dette et un recours accru aux subventions, notamment dans le cadre du financement climatique. La question de la souveraineté énergétique a également été identifiée comme un enjeu stratégique pour soutenir une croissance durable.
Enfin, un appel fort a été lancé en faveur du renforcement des partenariats entre les gouvernements, les institutions publiques, le secteur privé, la société civile, le monde académique et le système des Nations Unies. Les participants ont également insisté sur la nécessité de réformer les structures de gouvernance mondiale et régionale afin de corriger les déséquilibres de pouvoir et restaurer la confiance.
À travers cet événement, les acteurs du développement ont réaffirmé qu’une réponse collective, coordonnée et inclusive demeure indispensable pour relever les défis complexes du continent et accélérer la transition vers un modèle de croissance durable et équitable.
Elom LOKONON
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