Le Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec plusieurs banques multilatérales de développement, institutions financières et acteurs clés, a lancé une nouvelle initiative d’envergure mondiale : Water Forward. Cette plateforme vise un objectif ambitieux mais crucial : améliorer la sécurité de l’eau pour un milliard de personnes d’ici 2030, dans un contexte de pression croissante sur les ressources hydriques.
Au cœur de cette initiative se trouve une approche coordonnée qui aligne réformes politiques, financements et partenariats. L’objectif est clair : étendre l’accès à des services d’eau fiables tout en renforçant la résilience des systèmes face aux sécheresses et aux inondations — deux phénomènes qui menacent directement les économies et les moyens de subsistance.
L’enjeu est de taille. L’eau est un pilier central du développement : elle soutient la santé, l’agriculture, l’énergie et près de 1,7 milliard d’emplois à travers le monde. Pourtant, près de 4 milliards de personnes vivent aujourd’hui en situation de pénurie. Dans de nombreux pays, des politiques insuffisamment structurées, des réglementations fragiles et des services publics financièrement instables freinent les progrès et dissuadent les investissements.
Water Forward entend répondre à ces blocages en accompagnant les pays en développement dans la mise en place de systèmes hydriques plus performants. L’initiative prévoit notamment de soutenir des réformes institutionnelles, d’améliorer la viabilité financière des services d’eau et de développer des projets attractifs pour les investisseurs.
« L’eau est fondamentale pour le fonctionnement des économies. Lorsque les systèmes d’eau fonctionnent, les agriculteurs produisent, les entreprises opèrent et les villes attirent des investissements », a déclaré Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, insistant sur la nécessité d’une action coordonnée à grande échelle.
Un élément central du dispositif repose sur des “pactes nationaux de l’eau”, pilotés par les gouvernements. À ce jour, 14 pays ont déjà annoncé leur engagement, définissant des priorités de réforme et des trajectoires d’investissement pour leur secteur hydrique.
L’initiative s’appuie également sur une mobilisation large d’acteurs internationaux, incluant des institutions telles que la Banque africaine de développement, la Banque européenne d’investissement ou encore la Banque islamique de développement. Ensemble, ils entendent accélérer les investissements et garantir un accès durable à l’eau.
Alors que plus de 1,2 milliard de jeunes s’apprêtent à entrer sur le marché du travail dans les pays en développement, l’accès à une eau fiable apparaît comme une condition indispensable pour soutenir la croissance économique et la création d’emplois à long terme.
Nadia SAR
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