mardi, mai 19, 2026
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Criminalité financière en Afrique : l’ATAF aguerrit ses enquêteurs fiscaux

À Pretoria, l’African Tax Administration Forum (ATAF) a franchi une nouvelle étape dans la lutte contre la criminalité financière. L’organisation a réuni 54 enquêteurs issus de 18 pays africains dans le cadre d’un cours avancé, visant à renforcer leurs capacités à détecter, enquêter et traiter des crimes financiers de plus en plus complexes, souvent à dimension transfrontalière.

Cette formation s’inscrit dans la continuité de sessions virtuelles organisées en amont. Elle répond à un besoin croissant de compétences spécialisées dans un contexte marqué par la complexification des systèmes fiscaux, l’évolution rapide des modèles économiques et la montée des risques d’évasion fiscale. Pour les administrations africaines, l’enjeu est crucial : mieux traquer les flux financiers illicites afin de protéger des recettes publiques souvent fragiles.

Dans de nombreux pays du continent, la capacité d’investigation reste un maillon clé de la mobilisation des ressources internes. Renforcer ces compétences permet non seulement d’identifier plus efficacement les risques, mais aussi de collecter des preuves solides et de faire face à des montages financiers sophistiqués, incluant des pratiques fiscales agressives.

Pour les participants, cette formation représente une opportunité concrète de montée en compétence. « Les sessions virtuelles m’ont aidé à mieux comprendre les techniques d’analyse des risques et les approches d’enquête modernes », témoigne Drissa Achille Kinda, de la Direction générale des impôts du Burkina Faso, soulignant un gain de confiance dans la gestion de dossiers complexes.

La phase en présentiel va plus loin en misant sur la pratique, à travers, les études de cas, les exercices appliqués et l’apprentissage collaboratif. Les enquêteurs y développent des outils concrets pour repérer les signaux d’alerte, utiliser des méthodes médico-légales et renforcer la collaboration avec les autres services de répression.

Face à des risques émergents, notamment liés aux transactions transfrontalières, cette montée en compétence apparaît plus que jamais nécessaire. « Nous traitons des affaires plus complexes […] ce cours arrive au bon moment », explique Sanjay Cesar, des services fiscaux des Seychelles.

Au-delà des compétences techniques, la formation favorise également les échanges entre administrations. Pour Gizela Macamba, de l’administration fiscale angolaise, ce partage d’expériences est essentiel pour améliorer les pratiques face à des défis communs.

En combinant expertise technique et application concrète, l’initiative de l’ATAF vise à instaurer une culture durable d’intégrité et d’efficacité dans les enquêtes fiscales africaines, un levier indispensable pour renforcer la transparence et accroître les recettes publiques.

Félicienne HOUESSOU

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