Le Mozambique veut accélérer la transformation de ses ressources naturelles en investissements, emplois et capacités industrielles. Le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a entamé à Maputo une mission de haut niveau de deux jours destinée à renforcer le partenariat avec le gouvernement mozambicain et à aligner l’appui technique de la Commission sur les priorités économiques du pays.
Reçu par le président Daniel Francisco Chapo, Gatete a été confronté à une feuille de route qui place l’énergie, l’agriculture, l’industrialisation, la numérisation et le tourisme au cœur de la stratégie de développement du Mozambique. Le chef de l’État veut notamment faire du pays un pôle énergétique régional, en s’appuyant sur son potentiel hydroélectrique, la montée en puissance du gaz naturel liquéfié (GNL) à Cabo Delgado et le développement d’industries en aval, notamment dans la production d’engrais.
Mais pour la CEA, le défi n’est plus de définir les priorités. Il est désormais de les financer et de les exécuter. « L’accouchement est le plus grand défi, pas la planification », a déclaré Claver Gatete, appelant les gouvernements à démontrer rapidement des résultats afin de renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires.
L’enjeu énergétique est particulièrement important. Avec près de 600 millions d’Africains encore privés d’électricité, la demande pour les ressources énergétiques du Mozambique est appelée à rester forte. Pour Gatete, la qualité des accords d’investissement et la capacité à assurer leur mise en œuvre seront donc déterminantes pour transformer le potentiel du pays en retombées économiques durables.
Les infrastructures constituent un autre maillon stratégique. Maputo entend renforcer trois grands corridors de transport, autour du port de Maputo, de la liaison Zambie-Zimbabwe et du corridor nord du Mozambique. Ces axes doivent améliorer la connectivité commerciale, réduire les coûts logistiques et faciliter l’intégration du pays dans les chaînes de valeur régionales.
La mission de la CEA a également donné lieu à des échanges avec Maria Manuela dos Santos Lucas, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, et Maria de Fátima Simão Manso, secrétaire d’État aux Affaires étrangères. Les discussions ont porté sur l’adaptation de l’assistance technique aux priorités nationales, le développement du capital humain et le renforcement de la position collective de l’Afrique dans la gouvernance économique mondiale.
Avec le ministre de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Pêche, Mito Albino, les deux parties ont confirmé l’agriculture comme un secteur prioritaire. Elles doivent désormais identifier des projets de coopération susceptibles de produire des résultats concrets et de soutenir la transformation des chaînes de valeur agricoles.
Avec le ministre de la Planification et du Développement, Salimo Valá, l’accent a été mis sur le principal défi de la politique économique mozambicaine : transformer les plans en résultats mesurables. La CEA prévoit notamment de proposer une plateforme numérique de planification et de suivi de la mise en œuvre, de soutenir des études de faisabilité dans les secteurs prioritaires et de mobiliser son expertise pour lever les obstacles rencontrés sur le terrain.
La mission s’inscrit également dans la préparation du nouveau Cadre de coopération des Nations unies, prévu à partir de janvier 2027. Le représentant de la FAO et coordinateur résident des Nations unies, José Luis Fernandez, a souligné la rapidité avec laquelle les priorités du gouvernement ont été intégrées aux discussions.
De son côté, Eunice Kamwendo, directrice du bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique australe, a rappelé l’engagement déjà engagé de la Commission sur l’industrialisation, les chaînes de valeur régionales, le tourisme, les zones économiques spéciales et l’énergie.
Maputo et la CEA sont finalement convenus de maintenir un dialogue rapproché, notamment en marge des prochains sommets de l’Union africaine, et de mettre en œuvre un programme d’appui technique ciblé. L’objectif est désormais de passer des annonces aux projets, avec des résultats mesurables au cœur du partenariat.
Elom LOKONON
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