En marge de la douzième session du Forum régional africain pour le développement durable 2026, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, en partenariat avec Convergence Blended Finance et International Institute for Environment and Development, a réuni acteurs publics et privés autour des enjeux du financement mixte et des instruments financiers innovants. L’objectif : identifier des solutions concrètes pour mobiliser des investissements à grande échelle en faveur des Objectifs de développement durable.
Les discussions ont porté sur la structuration de mécanismes de financement mixte, le recours à des instruments de dette innovants et le renforcement des pipelines de projets bancables capables d’attirer les capitaux privés. Un consensus s’est rapidement dégagé : les approches fragmentées ne suffisent plus. Les participants ont plaidé pour des stratégies coordonnées et structurées, susceptibles d’accélérer significativement la mise en œuvre des ODD à court terme.
Ouvrant la session, Ngone Diop a alerté sur la contraction de l’espace budgétaire en Afrique, appelant à une transformation des modes de financement : « La réduction de l’espace budgétaire limite la capacité des États à financer le développement durable. Il est impératif de renforcer les solutions innovantes et les partenariats public-privé. »
Dans le même sens, Soumaya Iraqui a replacé ces enjeux dans un contexte macroéconomique tendu. Elle a souligné que l’espace budgétaire en Afrique de l’Ouest s’est fortement dégradé entre 2020 et 2025, tandis que la dette extérieure dépasse désormais 25 % du PIB, constituant une contrainte structurelle majeure pour le financement du développement.
Face à cette pression, les échanges ont mis en lumière des instruments innovants, notamment les mécanismes d’échange dette-climat et dette-développement social. Déjà en cours au Sénégal, en Gambie et au Ghana, ces dispositifs visent à libérer de l’espace budgétaire tout en finançant des projets à fort impact climatique et social. La CEA et ses partenaires accompagnent leur structuration à travers des analyses de soutenabilité de la dette et la mobilisation coordonnée des créanciers et investisseurs.
Plus largement, les participants ont insisté sur le rôle clé du financement mixte, des mécanismes de partage des risques et de la préparation technique des projets pour attirer des capitaux privés. Ces leviers apparaissent essentiels pour combler le déficit de financement des ODD sur le continent.
Au terme des échanges, un point d’accord s’est imposé : seule une coordination renforcée entre États, institutions financières et secteur privé permettra de transformer les initiatives existantes en projets réellement bancables, capables de générer des impacts rapides et à grande échelle.
Cette session s’inscrit dans la dynamique du Forum du secteur privé du FRADD12, centré sur l’accélération des partenariats avec le secteur privé, désormais considéré comme un acteur incontournable pour financer durablement la transformation économique de l’Afrique.
Nadia SAR
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