L’autorité de régulation financière sud-africaine a acté un changement majeur dans l’écosystème du crédit. L’Autorité de conduite des services financiers (FSCA), en coordination avec l’Autorité prudentielle de la Banque de réserve (PA), a annoncé la radiation de Moody’s Investor Services South Africa (MIS SA) du registre des agences de notation reconnues.
Cette décision fait suite à la renonciation volontaire de MIS SA à son statut d’institution d’évaluation de crédit externe éligible (ECAI), officialisée dans un avis publié le 16 avril 2026. Présente en Afrique du Sud depuis plusieurs décennies, Moody’s jouait un rôle central dans l’évaluation du risque souverain et dans le développement des marchés obligataires locaux.
Implantée dans le pays depuis 2003, la filiale sud-africaine du groupe fournissait des services de notation, de recherche et d’analyse du risque de crédit, utilisés notamment par les banques pour le calcul des exigences en fonds propres. Son enregistrement en tant qu’agence de notation avait été validé en 2014 par le régulateur financier de l’époque.
Malgré cette radiation, une période transitoire a été instaurée. Les autorités ont précisé que les notations de crédit émises par MIS SA pourront continuer à être utilisées à des fins réglementaires pendant 24 mois, soit jusqu’au 16 avril 2028. Passé ce délai, elles ne seront plus reconnues dans le cadre des exigences prudentielles.
Cette transition vise à éviter toute perturbation brutale du système financier, notamment pour les banques qui s’appuient sur ces notations pour évaluer leurs risques et déterminer leur capital réglementaire. L’Autorité prudentielle prévoit par ailleurs de publier une directive actualisée afin d’encadrer le retrait définitif de Moody’s du dispositif réglementaire.
L’agence devra également notifier l’ensemble des entités qu’elle notait de la perte de son statut officiel dans le pays, marquant ainsi une rupture significative dans ses activités locales.
Dans un contexte où l’Afrique du Sud reste alignée sur les standards du Comité de Bâle, l’utilisation de notations externes demeure essentielle pour la gestion des risques bancaires. Toutefois, cette évolution pourrait ouvrir la voie à une reconfiguration du paysage des agences de notation, avec des implications potentielles pour les investisseurs et les émetteurs de dette.
Félicienne HOUESSOU
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