Le 10 février 2026 à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le Yango Group a placé la question de la régulation des plateformes de mobilité au cœur du débat public. En marge du World Government Summit 2026, l’entreprise technologique internationale a organisé un atelier de haut niveau consacré aux politiques publiques en matière de transport par plateforme numérique.
Animée par son Chief Business Officer, Adeniyi Adebayo, la session a réuni décideurs publics, représentants gouvernementaux et acteurs du secteur privé pour examiner comment la collaboration public-privé peut contribuer à bâtir des cadres réglementaires efficaces, notamment dans les marchés émergents.
Au centre des échanges : la nécessité de règles claires, proportionnées et prévisibles. Selon les intervenants, des cadres réglementaires cohérents permettent aux gouvernements de moderniser la mobilité urbaine tout en garantissant la sécurité des passagers, une concurrence équitable et un développement structuré du marché. La clarification des rôles respectifs des plateformes numériques, des conducteurs et des opérateurs de flotte apparaît comme un levier essentiel pour réduire l’incertitude réglementaire et sécuriser l’environnement d’exploitation.
Plusieurs études de cas internationales ont illustré l’impact positif d’une réglementation bien conçue. Des exemples de grandes villes ont démontré qu’une intégration maîtrisée des plateformes de VTC aux systèmes de transport traditionnels peut élargir l’accès à la mobilité tout en maintenant un encadrement public rigoureux.
Le cas du Portugal a particulièrement retenu l’attention. La loi adoptée en 2018 y a officiellement reconnu les plateformes numériques, simplifié les procédures de licence et évité l’instauration de plafonds sur le nombre de véhicules ou d’un encadrement tarifaire strict. Résultat : le nombre de conducteurs VTC licenciés est passé d’environ 18 000 en 2018 à plus de 66 000 en 2023, avec un élargissement significatif de l’offre pour les consommateurs et le maintien de standards élevés en matière de sécurité et de conformité.
Au-delà des aspects juridiques, l’atelier a également exploré le rôle de la clarté réglementaire dans la modernisation des flottes et l’amélioration de la sécurité routière. Des exemples issus de marchés africains ont montré qu’un alignement cohérent entre politiques publiques, modèles de financement et pratiques d’exploitation peut accélérer la transition vers des véhicules plus récents et moins polluants, contribuant à la réduction des émissions et à l’amélioration de l’expérience passager.
Intervenant lors de la session, Adeniyi Adebayo a insisté sur le principe de proportionnalité : « Une réglementation efficace de la mobilité repose sur la clarté et la proportionnalité. Lorsque les gouvernements définissent des règles transparentes pour les plateformes, les conducteurs et les opérateurs de flotte, ils favorisent des services plus sûrs, encouragent l’investissement responsable et créent les conditions nécessaires à une croissance durable du marché. »
Les participants ont par ailleurs souligné l’importance d’une coordination inter-ministérielle renforcée, notamment entre les autorités en charge des transports, de l’économie numérique et du développement économique. L’objectif : intégrer pleinement les impacts économiques et sociaux de la mobilité numérique dans les stratégies nationales.
Les échanges, nourris et interactifs, ont mis en lumière la diversité des défis rencontrés selon les pays : choix des régimes fiscaux, financement du renouvellement des flottes, exigences de sécurité adaptées aux différents modes de transport. Plusieurs recommandations clés ont émergé, dont l’établissement de cadres juridiques clairs, la simplification numérique des procédures de licence, l’intégration d’outils de sécurité avancés (traçabilité des trajets, fonctionnalités intégrées à l’application) et l’adoption d’approches réglementaires fondées sur des données probantes et évolutives.
À l’issue de la rencontre, Yango a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue constructif avec les pouvoirs publics sur l’ensemble de ses marchés. L’entreprise entend ainsi contribuer à l’émergence d’écosystèmes de mobilité numérique inclusifs, sûrs et durables, capables d’accompagner la transformation rapide des villes dans les économies émergentes.
Félicienne HOUESSOU
Avez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com



