Après une année 2025 marquée par une contraction des avoirs extérieurs, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) affiche son optimisme. Selon les récentes projections de l’institution, la zone CEMAC s’apprête à consolider durablement ses réserves de change pour franchir le cap symbolique des 7 000 milliards de FCFA d’ici 2028.
Le creux de la vague semble passé. Alors que les réserves ont chuté à 6 377 milliards de FCFA fin 2025 (contre 7 295 milliards en 2024), limitant la couverture des importations à 4,25 mois, la Banque centrale prévoit une remontée progressive. Les chiffres sont éloquents : 6 566 milliards de FCFA attendus en 2026, 6 983 milliards en 2027, pour atteindre plus de 12,5 milliards de dollars (7 000 milliards FCFA) en 2028. Cette dynamique porterait le taux de couverture extérieure de la monnaie à une moyenne de 72,4 % sur la période.
Cette bouffée d’oxygène repose sur plusieurs piliers financiers et économiques. D’une part, la signature de nouveaux accords avec le FMI et le recours aux emprunts extérieurs devraient renflouer les caisses des États membres. D’autre part, la solidité des exportations non pétrolières — notamment dans les secteurs du gaz, de l’or et des mines — continue d’attirer des investissements étrangers cruciaux.
Par ailleurs, l’émission d’eurobonds par des moteurs régionaux comme le Cameroun et le Gabon, couplée à un durcissement de la réglementation des changes, permet de mieux canaliser les flux de devises vers la Banque centrale.
Une politique monétaire offensive
Pour sécuriser ce redressement, la BEAC n’a pas hésité à sortir l’artillerie lourde. Le Comité de politique monétaire a récemment relevé son principal taux directeur de 4,50 % à 4,75 %. En augmentant le coût du crédit, l’institution vise deux objectifs clairs : freiner la sortie des capitaux et préserver la stabilité du FCFA. Face aux défis de 2025, la Banque centrale choisit donc la rigueur pour garantir une croissance plus sereine et des réserves résilientes pour les années à venir.
Dossou AFFAMA
Avez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com



