L’esplanade de l’Amazone, monument de la fierté béninoise, s’est muée ce dimanche 12 juillet 2026 en une arène d’expression urbaine survoltée. Co-organisée par le Centre Culturel Chinois, l’ambassade de Chine au Bénin et l’Association béninoise Beeworkers, la deuxième édition de la Compétition de Danse Urbaine Chine-Ouest Afrique (Cdu) a rassemblé cinq pays de la sous-région dans un esprit de fraternité et d’excellence culturelle.
Devant un public de passionnés, c’est le Nigeria qui a décroché le prestigieux trophée au terme d’une finale époustouflante. Née d’une étincelle informelle, cette compétition est en passe de devenir un rendez-vous incontournable de l’agenda culturel régional. Bahir Sylla, président de l’Association Beeworkers et maître d’œuvre de l’événement, se souvient avec émotion des origines du projet. « L’idée est venue dans le cadre d’une formation, un cours de danse où des partenaires chinois étaient présents. Ils ont apprécié ma méthode et l’encadrement de la relève, puis m’ont proposé de concevoir un projet de grande envergure. J’ai rédigé le concept, l’ambassade de Chine et le Centre culturel chinois ont immédiatement validé et accompagné la première édition, qui servait de test », a-t-il confié.
Si la première édition s’était cantonnée aux frontières nationales béninoises, la cuvée de juillet 2026 a franchi un immense palier d’intégration régionale. « Cette année, l’événement est devenu ouest-africain avec la participation de cinq nations. L’objectif reste clair : promouvoir la danse urbaine aussi bien chez les amateurs que chez les professionnels, tout en élevant constamment le niveau artistique », se réjouit Bahir Sylla.
Le jury, confronté à des performances d’un niveau technique exceptionnel, a dû trancher avec rigueur, équité, et parfois même avec un pincement au cœur pour le pays hôte. Chris Nadal, membre du jury, explique la grille d’évaluation stricte qui a guidé leurs choix lors des battles de la dem-finale entre la Côte d’Ivoire et Les Titans du Bénin. « Nous nous sommes basés sur des critères fondamentaux. Il s’agit de l’originalité des groupes, la synchronisation, la gestion de l’espace scénique et l’énergie », a-t-il précisé.

Le verdict implacable d’un jury intègre
C’est sur ces aspects précis que la finale a basculé au détriment des locaux, les Titans du Bénin. Ces derniers repartent avec la troisième place avec un chèque de 200. 000 francs Cfa. « En tant que juré béninois, la décision n’a pas été facile, mais l’honnêteté artistique prime. L’équipe béninoise a réalisé des figures acrobatiques impressionnantes, mais c’est l’équipe ivoirienne qui a réellement “dansé”, offrant une meilleure osmose avec la musique, une synchronisation remarquable et une excellente gestion de l’espace. Nous avons dû leur attribuer la victoire d’étape à contre-cœur, tant l’esprit de groupe a prévalu », a fait remarquer Bahir Sylla. Ce dernier a notamment souligné l’originalité rafraîchissante des danseurs ghanéens.
C’est finalement le Nigeria qui s’est imposé au sommet du classement général de cette édition de haut vol, plébiscité de manière unanime par le jury pour son originalité indéniable et sa maîtrise scénique globale. Le groupe repart, non seulement avec le trophée, mais aussi avec un chèque de 700.000 francs Cfa. Quant au groupe 3ème Prototype, venu de la Côte d’Ivoire, il a fini à la 2ème place et est reparti avec un chèque de 400.000 francs Cfa. Au-delà de la performance sportive et artistique, la compétition de l’esplanade de l’Amazone s’impose comme un carrefour multiculturel hors pair. Cela a été salué par les délégations étrangères.

Rempli de gratitude, David Utibe, danseur du groupe “Motherland” venu d’Abuja pour représenter le Nigeria champion, exprime sa fierté : « Ce n’est pas facile de voyager pour représenter toute sa nation et la terre mère. Je suis immensément heureux. Un grand merci au public béninois venu nous soutenir en masse à Cotonou, et merci à la République du Bénin pour son accueil chaleureux. Cette initiative est une bénédiction qui nous permet de révéler notre talent au monde ».
Pour Chris Nadal, l’impact de l’événement dépasse largement le cadre de la compétition. « C’est une initiative louable. Elle fédère le milieu de la danse urbaine en Afrique de l’Ouest, permettant aux danseurs nigérians, ivoiriens, ghanéens et béninois d’échanger et de découvrir de nouveaux horizons culturels. Nous saluons vivement l’ambassade de Chine pour ce soutien continu et espérons que d’autres partenaires rejoindront l’aventure pour élargir encore la liste des pays participants lors des prochaines éditions », a-t-il martelé.

Grâce à cette synergie sino-africaine, Cotonou confirme, pas à pas, son statut de plaque tournante de la jeunesse créative et des cultures contemporaines sur le continent.
Par Julien Tohoundjo
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