Le Forum africain de l’administration fiscale (ATAF) et l’Institut finlandais de gestion publique HAUS ont signé, le 14 août à Pretoria, un accord destiné à accélérer la transformation numérique et la mobilisation des ressources nationales sur le continent.
L’accord de coopération, signé par la secrétaire exécutive de l’ATAF, Mary Baine, et le directeur général de la HAUS, Kyösti Väkeväinen, fixe le cadre du Partenariat Afrique-Finlandais sur la fiscalité et les transformations numériques (AFP-TDT) jusqu’au 31 décembre 2029.
L’enjeu est avant tout financier. Face à des besoins croissants en infrastructures, santé, éducation et investissements productifs, les économies africaines cherchent à réduire leur dépendance aux financements extérieurs en améliorant leur capacité à collecter les recettes domestiques.
Le partenariat s’appuie sur les acquis de sa première phase et élargit son champ à la mobilisation des ressources nationales, la transformation numérique, le renforcement institutionnel et la gestion durable des finances publiques.
L’objectif est de permettre aux administrations fiscales de mieux exploiter les données, automatiser leurs procédures et améliorer les services aux contribuables. Une modernisation qui doit, à terme, réduire les déperditions de recettes et renforcer l’efficacité du recouvrement.
Pour l’ATAF et la HAUS, des administrations fiscales plus solides et mieux numérisées constituent un élément clé de la soutenabilité budgétaire des Etats africains.

Un partenariat désormais opérationnel
La coopération doit rapidement passer de l’accord institutionnel à la mise en œuvre. L’ATAF accueillera ainsi à son secrétariat de Pretoria Konsta Heikkilä, conseiller en chef des partenariats de la HAUS. Intégré à la division des partenariats stratégiques et coopérations internationales, il doit faciliter la coordination, le transfert d’expertise et le suivi des projets.
Cette présence vise à rapprocher deux approches complémentaires. Il s’agit de l’expertise continentale de l’ATAF sur les administrations fiscales africaines et le savoir-faire finlandais en matière de gestion publique, de développement institutionnel et de numérique. Le programme couvrira notamment la modernisation des administrations fiscales, l’innovation numérique, le développement des compétences, l’apprentissage entre pairs et la mobilisation conjointe de ressources.
L’ambition est de rendre les systèmes fiscaux plus performants sans nécessairement accroître la pression sur les contribuables. L’utilisation accrue des données et des outils numériques doit notamment améliorer l’identification des contribuables, limiter les pertes de recettes et renforcer la conformité fiscale.
Au-delà de la technologie, l’enjeu est donc celui de la souveraineté financière. En augmentant les recettes collectées localement et en améliorant la gestion des finances publiques, le partenariat Afrique-Finlande entend donner aux Etats africains davantage de moyens pour financer leurs priorités et réduire leur vulnérabilité aux financements extérieurs.
Félicienne HOUESSOU
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