Trente artisans béninois ont été formés, entre le 20 juillet et le 3 août 2026 à Parakou, Bohicon et Cotonou, à la fabrication de sacs de rétention thermique (SRT). Portée par le Programme alimentaire mondial (PAM), le PNUD et la Chambre des métiers de l’artisanat du Bénin, l’initiative, financée par les Pays-Bas, vise à réduire la dépendance au bois et au charbon dans la cuisson des aliments.
Trente artisans béninois savent désormais fabriquer des sacs de rétention thermique, un procédé censé réduire la dépendance au bois et au charbon dans la cuisson des aliments. La technologie repose sur un mécanisme ingénieux et accessible : une fois les aliments portés à ébullition, le récipient est retiré du feu pour être inséré dans le sac. Grâce à une isolation thermique performante, la chaleur est emmagasinée, permettant à la cuisson de se poursuivre sans maintenir le foyer allumé.
Cette technologie contribue à réduire le recours au bois de chauffe et au charbon de bois, limitant ainsi la pression exercée sur les ressources forestières et les émissions liées à leur utilisation.
Elle contribue aussi à la santé et au bien-être en diminuant l’exposition prolongée des cuisinières aux fumées toxiques des foyers traditionnels. Elle permet par ailleurs une optimisation du temps, puisque les repas peuvent rester chauds pendant plusieurs heures, offrant une souplesse logistique aussi bien pour les ménages que pour le programme national des cantines scolaires et les structures de restauration collective.

Vers l’émergence d’une filière économique locale
Au-delà de son impact écologique et sanitaire, ce projet représente un tremplin pour l’entrepreneuriat artisanal. Durant les sessions pratiques, chaque participant a pu confectionner un petit et un grand modèle de sac, afin de maîtriser les techniques nécessaires à leur fabrication. Les petits spécimens ont d’ailleurs été gracieusement laissés aux artisans pour leur servir d’outils de démonstration immédiate.
Cependant, pour que cette dynamique locale devienne une réalité quotidienne sur les marchés béninois des défis logistiques subsistent. Les porte-paroles des bénéficiaires, Félicité Dourodjayé et André Agbangla, ont exprimé leur profonde admiration face à cette découverte qu’ils qualifient de novatrice, tout en plaidant pour un accompagnement garanti dans l’accès régulier aux matières premières.
Les partenaires institutionnels ont rappelé aux trente bénéficiaires que leur engagement ne fait que commencer. Armelle Korogoné, cheffe de programme au PAM, les a exhortés à devenir de véritables « ambassadeurs » de cette technologie au sein de leurs départements respectifs. Elisabeth Tossou (PNUD) estime que la priorité est désormais de transformer les acquis de la formation en une production locale capable d’alimenter progressivement le marché béninois.
La formation, achevée à Cotonou par une cérémonie de remise d’attestations organisée dans les locaux de l’ESDAM, constitue ainsi une première étape. Le véritable défi est désormais de transformer les compétences acquises par ces 30 artisans en une production régulière, accessible et durable, afin de faire progressivement des sacs de rétention thermique une solution disponible au Bénin.

Flore Nobime
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