Le projet de loi de finances, gestion 2027, présenté au Conseil des ministres du mercredi 7 octobre 2026 place le renforcement du capital humain et le financement du système éducatif parmi les priorités de l’action publique. Le budget s’équilibre à 4.757,029 milliards de FCFA en ressources et en charges, contre 4.148,357 milliards de FCFA dans la loi de finances rectificative 2026, soit une progression de 14,7%.
L’objectif affiché est de consolider une croissance soutenue, inclusive et durable, tout en poursuivant l’éradication de l’extrême pauvreté. Le Gouvernement table sur une croissance économique d’au moins 8%, un déficit budgétaire global limité à 2,8% du PIB, conformément au critère de convergence de l’UEMOA, et une inflation de 2,0%, inférieure au seuil communautaire de 3,0%.
Pour atteindre ces objectifs, cinq leviers structurent les priorités gouvernementales. Il s’agit de la modernisation de l’agriculture, le renforcement de la promotion industrielle, la valorisation du potentiel touristique et culturel, la promotion de l’innovation technologique et le renforcement du capital humain. A ce titre, l’éducation occupe une place centrale. Les dépenses publiques de 2027 resteront prioritairement orientées vers les investissements à fort impact économique et social. Le système éducatif, aux côtés du cadre de vie, de la santé et de la protection sociale, de l’agriculture, de l’énergie, de l’eau, de la transformation digitale, de l’industrie et du tourisme, doit bénéficier d’un effort de financement soutenu.
L’éducation au cœur de la stratégie de transformation
À travers ces choix, le Gouvernement entend constituer un capital physique et humain de haute qualité afin d’ancrer durablement la transformation structurelle de l’économie. Il s’agira également de garantir un accès équitable aux services sociaux de base et de réduire les obstacles à l’insertion professionnelle des jeunes.
Sur le plan social, le projet de budget prévoit la poursuite de l’opérationnalisation et de l’extension du Programme Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH). La gratuité des frais de scolarité des filles dans l’enseignement secondaire général et technique doit également être poursuivie et généralisée, avec les autres mesures de gratuité.
Le Gouvernement prévoit également de poursuivre le processus d’universalisation du programme des cantines scolaires. Le programme GBESSOKE doit être mis à l’échelle et consolidé grâce à des transferts monétaires destinés aux ménages en situation d’extrême pauvreté pour développer des activités génératrices de revenus. Une plateforme nationale des prestations sociales sera mise en place, tandis que le service d’aide sociale d’urgence sera institutionnalisé comme dispositif national intégré de réponse aux urgences sociales.
Le financement du secteur éducatif doit également s’accompagner d’investissements dans les infrastructures. Le projet de budget prévoit la poursuite de la construction et de la réhabilitation des lycées, ainsi que la réhabilitation des infrastructures académiques et sociales des universités nationales. Le déploiement du téléenseignement doit se poursuivre afin de renforcer les capacités du système éducatif.
Parmi les priorités figure aussi la poursuite de l’équipement des écoles et établissements en tables-bancs et autres mobiliers essentiels. Le Gouvernement prévoit en outre de requalifier le dispositif des bourses d’études en fonction des filières prioritaires et des besoins du marché de l’emploi.
Le renforcement des ressources humaines constitue un autre axe majeur. Le recrutement progressif sur titre des aspirants au métier d’enseignant sera poursuivi suivant les modalités retenues. Le projet prévoit également la mise en route de la réforme de l’avancement automatique de la carrière des agents de l’État.
Au-delà de l’éducation, le budget 2027 prévoit l’extension du Programme de nutrition, la densification des programmes de vaccination des enfants, la lutte contre le paludisme et le renforcement de la santé maternelle. Cinq hôpitaux de zone doivent être construits, tandis que les hôpitaux départementaux et les centres hospitalo-universitaires seront réhabilités et équipés. Le dispositif de prise en charge systématique des urgences vitales doit également être mis en œuvre.
Ainsi, à travers un budget de 4.757,029 milliards de FCFA, le Gouvernement entend faire du capital humain un levier de croissance et un instrument d’inclusion, avec l’éducation, la formation et l’insertion des jeunes au cœur de cette stratégie.
Félicienne HOUESSOU
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