L’atelier de lancement et de validation des perspectives fiscales africaines (African Tax Outlook, ATO) s’est tenu le 12 octobre 2026 au Malawi, dans un contexte où les gouvernements africains doivent répondre à des besoins croissants de financement des services publics, des infrastructures, de la protection sociale et du développement durable. La mobilisation des ressources nationales apparaît ainsi comme une priorité stratégique, reposant sur des politiques solides, une administration fiscale efficace, des données fiables et une meilleure connaissance de la performance des systèmes fiscaux dans le temps.
Le lancement constitue une occasion de présenter les principales conclusions et perspectives de la dernière publication African Tax Perspective. Il doit également permettre d’examiner ce que les données révèlent sur la performance des systèmes fiscaux africains, les progrès réalisés par les administrations fiscales et les difficultés qui continuent de peser sur la mobilisation des recettes nationales.
Une attention particulière est accordée au chapitre 7 de l’ATO 2025, consacré aux taux d’imposition effectifs et fondé sur les enseignements du rapport Atlas of the Offshore World. Cette contribution enrichit l’analyse de la publication et vise à approfondir la compréhension de la fiscalité effective et des questions connexes dans le contexte africain.
La crédibilité de l’ATO repose toutefois sur une responsabilité partagée. Elle dépend de l’engagement de chaque administration participante à transmettre des informations précises, à répondre aux requêtes de validation et à améliorer continuellement les systèmes de collecte, de traitement et de publication des données fiscales.

Dans son discours d’ouverture, le responsable de la fiscalité intérieure et de l’amélioration des capacités de l’ATAF, Emeka Nwankwo, a souligné que l’ATO est davantage qu’une publication. Il s’agit, selon lui, d’une ressource de connaissance continentale destinée à aider les pays africains à mieux comprendre leur performance fiscale, à identifier des possibilités d’amélioration et à tirer des enseignements des expériences de leurs pairs.
Grâce à des données comparables et à des analyses, l’ATO permet aux décideurs politiques et aux administrateurs fiscaux d’examiner les tendances des ratios impôt/PIB, la composition des recettes, les structures fiscales, la conformité et la performance des différents instruments fiscaux. Il permet également de comprendre comment les conditions économiques, les choix politiques et les réformes administratives influencent la mobilisation des recettes.
L’outil doit aussi favoriser l’apprentissage entre pays africains, en dépassant les expériences nationales individuelles pour identifier des défis communs, des pratiques prometteuses et des possibilités de coopération régionale. L’ATAF entend ainsi poursuivre son soutien aux administrations fiscales africaines en renforçant la recherche, la génération de connaissances, la gestion des données et l’apprentissage par les pairs.
Pour Emeka Nwankwo, le développement continu de l’ATO nécessite une forte collaboration entre l’ATAF et ses administrations membres, alors que les systèmes fiscaux font face à des défis liés à la numérisation, à l’évolution des modèles économiques, à la croissance de l’économie numérique, aux évolutions fiscales internationales et à la nécessité d’améliorer la conformité des contribuables. Leur traitement exige des capacités analytiques solides, des informations fiables et une bonne compréhension des facteurs influençant la performance des chiffres d’affaires.

Du côté du Malawi, Dr Stella Manyenje a rappelé le rôle joué par l’ATAF dans le développement de l’Autorité du revenu du pays. La coopération remonte notamment au premier Congrès annuel du Réseau africain de recherche fiscale (ATRN), en septembre 2015, et à la première mission de définition de la fiscalité du secteur informel au Malawi, en janvier 2017.
Selon elle, l’ATAF a contribué à affiner les travaux, renforcer les capacités et améliorer la qualité des données grâce aux soumissions annuelles du Malawi à l’ATO. Membre du groupe de travail sur l’impôt indirect, elle souligne également la valeur d’une plateforme permettant aux responsables fiscaux africains d’échanger sur les défis pratiques et d’apprendre les uns des autres.
La plateforme de l’ATO offre enfin, selon Dr Stella Manyenje, une possibilité de façonner le récit de la fiscalité sur le continent. Elle estime que l’ATAF est devenue un leader d’opinion et une autorité fiscale en Afrique, une position qui dépend de données fiables et d’un compte rendu crédible de la situation dans les différents pays.
Félicienne HOUESSOU
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