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Afrique subsaharienne : la hausse des prix de l’énergie menace la croissance

L’Afrique subsaharienne devrait voir sa croissance économique ralentir en 2026 sous l’effet des répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui alimente une flambée des prix de l’énergie, des engrais et des produits alimentaires, selon les dernières Perspectives économiques mondiales publiées par le Groupe de la Banque mondiale.

La région enregistrerait une croissance de 4,0 % en 2026, contre un rythme plus soutenu observé en 2025, avant un rebond attendu à 4,4 % en 2027. Si cette performance demeure supérieure à la moyenne mondiale, la Banque mondiale souligne que les économies subsahariennes restent particulièrement vulnérables à la hausse des coûts d’importation et aux pressions inflationnistes qui en découlent.

Selon le rapport, la fermeture du détroit d’Ormuz a fortement perturbé les marchés énergétiques mondiaux. Les prix du pétrole Brent devraient ainsi atteindre en moyenne 94 dollars le baril en 2026, soit 36 % de plus qu’en 2025. Cette envolée s’accompagne d’une hausse marquée des prix des engrais, ce qui risque d’alourdir davantage les coûts de production agricole et de renchérir les denrées alimentaires dans plusieurs pays africains.

Pour l’Afrique subsaharienne, où une grande partie des ménages consacre une part importante de ses revenus à l’alimentation, cette situation pourrait accentuer les tensions sociales et réduire le pouvoir d’achat. La Banque mondiale estime que l’inflation constitue désormais l’un des principaux risques pesant sur la région, aux côtés de l’augmentation des coûts d’emprunt et du ralentissement de l’activité mondiale.

Au niveau international, la croissance mondiale devrait tomber à 2,5 % en 2026, son niveau le plus faible depuis la pandémie de Covid-19, contre 2,9 % en 2025. Dans un scénario plus défavorable marqué par des perturbations énergétiques prolongées et des tensions financières accrues, elle pourrait même chuter à 1,3 %, tandis que l’inflation mondiale atteindrait 4,4 %.

Au-delà des effets conjoncturels, le rapport met également en garde contre les fragilités structurelles des économies en développement, dont de nombreux pays africains. La forte dépendance aux exportations de matières premières expose les finances publiques à une grande volatilité des revenus, tandis que l’endettement croissant réduit les marges de manœuvre budgétaires.

La Banque mondiale relève qu’environ les deux tiers des économies en développement sont des exportateurs de matières premières, mais disposent souvent de positions budgétaires plus fragiles que les autres pays. Elle recommande ainsi un renforcement de la mobilisation des recettes intérieures, une meilleure diversification économique et l’adoption de cadres budgétaires plus solides afin de mieux absorber les chocs externes.

Face aux risques liés au conflit au Moyen-Orient, l’institution a annoncé la mobilisation immédiate de 50 à 60 milliards de dollars en faveur des pays en développement. Ces ressources visent notamment à soutenir les programmes sociaux, renforcer les capacités budgétaires des États et fournir des liquidités aux entreprises et aux exploitations agricoles affectées par la crise.

Pour les économies d’Afrique subsaharienne, l’enjeu est désormais de préserver la dynamique de croissance tout en limitant les effets de la hausse des prix sur les populations. Dans un environnement mondial de plus en plus incertain, la capacité des États à renforcer leur résilience économique et à diversifier leurs sources de revenus apparaît plus que jamais comme une condition essentielle pour soutenir le développement et l’emploi.

Elom LOKONON

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