Le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé un nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) couvrant la période 2027-2036. L’institution a également approuvé deux financements de l’Association internationale de développement (IDA) d’un montant total de 320 millions de dollars (soit 183,22 milliards de Fcfa), accompagnés d’un accès à l’Allocation de prévention et de résilience (PRA). L’objectif est de renforcer la création d’emplois, l’accès à l’énergie renouvelable, la nutrition et la cohésion sociale.
Ce nouveau cadre stratégique s’articule autour de trois priorités majeures. Il s’agit du développement du capital humain, de l’amélioration de l’accès aux infrastructures essentielles et de la transformation économique portée par le secteur privé. Ce cadre vise notamment à renforcer les compétences de la population grâce à une meilleure nutrition, à l’éducation et à la formation professionnelle, tout en favorisant les investissements privés et l’accès au financement des PME.
Selon Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice des opérations pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo, l’emploi constitue désormais « l’étoile polaire » du développement du Bénin. Elle souligne que l’alignement entre la vision nationale ALAFIA 2060 et le nouveau CPF permettra d’accélérer une croissance économique portée par le secteur privé et génératrice d’emplois durables.
Dans le cadre de ce partenariat, le Bénin bénéficiera d’une enveloppe globale de 1,077 milliard de dollars de l’IDA sur la prochaine décennie. Ce financement sera complété par les interventions de la Société Financière Internationale et de l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements afin de soutenir davantage les investissements privés.
Parmi les projets approuvés figure la première phase du programme du barrage multifonctions Dogo-Bis, financée à hauteur de 150 millions de dollars dans le cadre d’un programme global estimé à 580 millions de dollars. Ce projet prévoit la construction du premier grand barrage hydroélectrique multifonctionnel du pays sur le fleuve Ouémé, avec une capacité de production de 128 MW. Il permettra également l’irrigation de 17 500 hectares, la réduction des risques d’inondation et la restauration de 14 000 hectares de forêt. Plus de 168 000 personnes devraient bénéficier directement des infrastructures associées.
Le second financement, d’un montant de 170 millions de dollars, est consacré au programme Alafia 1 « Nourrir le Bénin pour l’avenir ». Soutenu par l’IDA et le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF), ce projet vise à améliorer l’accès aux services de nutrition, de santé et de développement de l’enfant. Il cible particulièrement les femmes, les nouveau-nés, les enfants de moins de cinq ans, les adolescents et les jeunes.
La Banque mondiale a également confirmé l’éligibilité du Bénin à l’Allocation de prévention et de résilience. Ce mécanisme soutiendra la mise en œuvre du Programme de prévention et de résilience 2024-2029 du gouvernement, avec un accent sur la gouvernance locale, la gestion durable des ressources naturelles, l’insertion économique des jeunes et des femmes ainsi que le renforcement de la cohésion sociale dans les zones fragiles.
À travers cette nouvelle stratégie, la Banque mondiale entend accompagner le Bénin dans sa transformation économique en misant sur le capital humain, les infrastructures structurantes et le développement du secteur privé pour stimuler une croissance inclusive et durable.
Félicienne HOUESSOU
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