L’agriculture béninoise confirme son virage stratégique. Selon la note de conjoncture économique du troisième trimestre 2025 publiée en décembre dernier par la Direction générale de l’économie (DGE), l’activité économique du pays s’est maintenue sur une trajectoire robuste, portée en grande partie par les performances remarquables de la campagne agricole 2024/2025.
Dans un contexte régional marqué par les incertitudes climatiques et les tensions sur les marchés, l’agriculture béninoise se distingue par sa résilience, sa capacité d’adaptation et la montée en puissance de ses filières stratégiques. Selon le document rendu public par la DGE, les données disponibles font état d’excellents résultats pour la campagne agricole écoulée, tout en ouvrant des perspectives favorables pour la saison 2025/2026.
En effet, la production vivrière a progressé de 4,2 % pour atteindre 12,66 millions de tonnes, confirmant la solidité de la base productive du pays. Cette performance traduit à la fois une amélioration des rendements et l’efficacité des dispositifs d’encadrement mis en place ces dernières années.
Les cultures industrielles ne sont pas du reste. Le coton, pilier des exportations agricoles, affiche une hausse de 6,3 %, tandis que l’ananas, autre produit phare, enregistre une progression de 1,3 %. Ces résultats consolident la contribution du secteur agricole à la croissance, aux revenus des ménages ruraux et aux recettes en devises.

Vivrier, légumineuses et céréales : des moteurs différenciés mais complémentaires
Dans le détail, la campagne 2024/2025 se distingue par des performances particulièrement marquées dans certaines filières. La production de légumineuses a bondi de 28,5 %, témoignant d’un regain d’intérêt pour ces cultures à forte valeur nutritionnelle et économique. Les céréales, essentielles à la sécurité alimentaire, ont quant à elles progressé de 6,1 %, soutenues par un meilleur accès aux intrants et par la diffusion de pratiques culturales améliorées.
Ces dynamiques devraient s’amplifier lors de la campagne 2025/2026. Les prévisions de la DGE tablent sur une accélération de la croissance de la production vivrière à 6,1 %, portée par un bond attendu de 13,5 % pour les céréales et de 23,9 % pour les légumineuses. Une trajectoire qui confirme la montée en puissance progressive de l’agriculture béninoise, à la fois sur le plan quantitatif et qualitatif.

Le coton, des rendements en nette amélioration
La filière coton reste au cœur de cette dynamique. Selon les estimations de l’Association interprofessionnelle du coton (AIC), la production pourrait s’établir à 644 973,5 tonnes, soit une progression de 7,5 %. À l’instar de la campagne précédente, cette hausse repose avant tout sur une amélioration significative des rendements, attendus à 1 300 kg/ha pour la campagne 2025/2026, contre 1 234,2 kg/ha en 2024.
Cette performance s’explique par plusieurs leviers structurants : la poursuite de la mise en production de variétés adaptées aux différentes zones agroclimatiques, le renforcement du suivi technique différencié des producteurs, ainsi que l’implication accrue de producteurs modèles en appui aux conseillers agricoles. Cette approche, fondée sur la coproduction des résultats et le partage d’expériences, contribue à professionnaliser la filière et à sécuriser durablement les rendements.
Des politiques publiques au cœur de la tendance haussière
Les résultats enregistrés sont indissociables de l’action soutenue des actions du gouvernement. Depuis le lancement officiel de la nouvelle campagne en avril dernier, placée sous le thème « Amélioration des productions dans un contexte de changements climatiques », l’État a maintenu un niveau d’intervention élevé. Le recrutement de 223 agents publics pour renforcer l’encadrement agricole, l’acquisition de 180 000 tonnes d’engrais NPK et de 115 000 tonnes d’urée à prix subventionnés, ainsi que l’introduction de variétés plus résilientes, ont constitué des facteurs déterminants.
Parallèlement, la mise en œuvre des Programmes nationaux de développement des filières à hautes valeurs ajoutées (PNDF-HVA) se poursuit. Un accent particulier est mis sur les racines et tubercules, dont la production devrait encore progresser de 1,4 % cette saison, contribuant à la diversification agricole et au développement des chaînes de valeur locales.
Consolider les acquis et préparer l’avenir
À l’horizon 2025/2026, les perspectives agricoles du Bénin apparaissent globalement favorables. La synergie entre réformes structurelles, investissements publics et montée en compétence des producteurs assure une transition fluide entre les campagnes et entretient une dynamique positive. Reste toutefois le défi climatique, qui impose de poursuivre les efforts d’adaptation, d’innovation et de gestion durable des ressources.
Dans un environnement économique en mutation, l’agriculture béninoise s’affirme plus que jamais comme un pilier stratégique de la croissance, de la sécurité alimentaire et de la stabilité sociale. Les performances de la campagne 2024/2025, conjuguées à des perspectives solides, renforcent l’idée que le secteur est appelé à jouer un rôle encore plus déterminant dans le développement économique du pays.
Félicienne HOUESSOU
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